Longtemps cantonnée à la question de la représentativité, la place des femmes dans les médias togolais appelle désormais une réflexion plus profonde : comment transformer leur présence en véritable influence ? C’est l’une des préoccupations majeures mises en avant lors de la première édition de la Nuit des femmes des médias, organisée par l’Association des femmes professionnelles des médias du Togo (AFPM-Togo).
Vendredi, le siège du Forum des organisations de défense des droits de l’enfant au Togo (FODDET), à Adidoadin, s’est métamorphosé en espace médiatique ouvert au public. Studios de radiodiffusion installés sur place, conférences de rédaction en plein air, exposition de journaux, panels et échanges avec les professionnels ont donné corps au « Village des médias ».
Placée sous le thème « Ensemble pour plus d’impacts », cette initiative vise à reconnaître la contribution des femmes au développement du secteur tout en attirant l’attention sur les obstacles qui limitent encore leur progression.
Les données de l’Observatoire togolais des médias (OTM), évoquées lors de la rencontre, illustrent l’ampleur du chemin restant à parcourir. Les femmes représenteraient environ 24 % des effectifs dans les médias publics et 26 % dans les médias privés. Leur présence progresse, mais leur accès aux fonctions de décision demeure encore limité.
L’AFPM-Togo veut donc agir sur plusieurs fronts. L’association entend notamment encourager les jeunes filles à envisager les métiers des médias comme de véritables perspectives de carrière. Elisabeth Apampa, sa présidente, plaide pour une sensibilisation accrue dans les établissements scolaires et universitaires.
L’enjeu est aussi de faire connaître la diversité des professions du secteur. Au-delà de la présentation des journaux, les métiers de la production, de la réalisation, de la technique et les différentes spécialités journalistiques offrent de nombreuses possibilités.
La spécialisation constitue également un axe important. Journalisme politique, économique, social, culturel ou sportif : les professionnelles sont encouragées à développer des expertises susceptibles de renforcer leur crédibilité et leur présence dans les émissions et débats.
Pour Nadège ADIKI, journaliste à AfrikElles, la solidarité entre femmes peut accélérer cette dynamique. Partage d’expériences, collaborations et réseaux professionnels sont autant de leviers pour rendre plus visibles les parcours féminins.
La journée doit s’achever à l’Hôtel Concorde par une cérémonie officielle au cours de laquelle une quinzaine de professionnelles de différentes générations seront distinguées.
Pour l’AFPM-Togo, cette première édition marque surtout le début d’un engagement appelé à se poursuivre par des formations, des actions de sensibilisation et la création de nouveaux espaces de collaboration.
L’ambition dépasse donc la célébration. Elle consiste à faire émerger une génération de femmes davantage présentes, expertes, visibles et capables de prendre toute leur place dans le débat médiatique togolais.