Le Togo veut passer d’une logique de protection à une véritable politique de gestion durable de son patrimoine naturel. L’adoption, jeudi 13 août 2026, de la nouvelle loi relative à la création et à la gestion des aires protégées marque, selon le ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Komla Dodzi Kokoroko, une étape déterminante dans cette ambition.
Devant les députés, le ministre a surtout insisté sur la portée concrète du texte. Pour lui, cette réforme ne se résume pas à l’adoption de nouvelles dispositions juridiques. Elle doit fournir au pays les moyens de mieux préserver ses écosystèmes, de contenir les menaces qui pèsent sur la faune et la flore et d’accompagner l’objectif national d’accroissement de la couverture forestière.
« Ce texte dote le pays d’outils non seulement juridiques, mais également écologiques pour un développement durable, équilibré du trésor naturel togolais », a déclaré Komla Dodzi Kokoroko.
Une loi pensée comme un outil de protection
Composé de 63 articles répartis en huit chapitres, le nouveau dispositif entend moderniser le cadre juridique applicable aux aires protégées. Il précise les conditions de création, d’extension, de déclassement et de gestion de ces espaces naturels, tout en introduisant une typologie et une catégorisation conformes aux standards internationaux.
Pour le ministre, l’intérêt de cette réforme réside précisément dans sa capacité à donner au Togo des instruments plus adaptés aux défis environnementaux contemporains.
La pression croissante exercée sur les ressources naturelles, la dégradation des écosystèmes et les effets du changement climatique rendent en effet nécessaire une gouvernance plus structurée des espaces protégés. Le nouveau cadre doit ainsi permettre de mieux organiser leur gestion et de renforcer les mécanismes destinés à préserver les richesses naturelles du pays.
Le message de Kokoroko est sans ambiguïté : l’adoption de la loi doit désormais déboucher sur des résultats tangibles.
« En adoptant cette loi, vous permettez à notre pays de protéger efficacement sa biodiversité, de lutter contre les pressions qui menacent notre faune, notre flore, et de contribuer à l’ambition nationale d’extension de la couverture forestière », a-t-il souligné.
L’engagement du gouvernement sur l’application du texte
Au-delà du vote de la loi, le ministre a voulu rassurer sur l’étape suivante : sa mise en œuvre. Kokoroko a ainsi engagé le gouvernement à veiller à une application « responsable et efficace » du nouveau dispositif.
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Cette précision est importante dans un contexte où le Togo dispose déjà d’un important réseau d’espaces naturels protégés. Le pays compte environ 83 aires protégées, couvrant près de 14 % du territoire national. Les premières remontent à plusieurs décennies, certaines ayant été créées entre 1937 et 1958.
Mais l’existence de ces espaces ne suffit pas, à elle seule, à garantir leur sauvegarde. Leur préservation dépend aussi de la capacité des institutions à assurer leur surveillance, leur administration et leur restauration face aux différentes formes de pression.
C’est précisément sur cette nécessité d’une gestion plus efficace que le nouveau cadre juridique veut agir.
La biodiversité au cœur de l’ambition environnementale
Dans son intervention, Kokoroko a placé la biodiversité au centre de la nouvelle politique des aires protégées. La protection de la faune et de la flore apparaît ainsi comme un impératif environnemental, mais également comme une condition de la résilience du pays face aux bouleversements climatiques.
Le texte doit donc contribuer à préserver les écosystèmes tout en consolidant les instruments institutionnels chargés de leur gestion. Il prévoit notamment de nouveaux mécanismes de gestion et de contrôle ainsi que la création de l’Office national des aires protégées (ONAP).
Cette architecture doit permettre de mieux coordonner les actions de conservation et de donner davantage de cohérence à la gestion des espaces naturels.
Une conservation qui doit aussi tenir compte des populations
La protection des espaces naturels ne saurait toutefois être dissociée des réalités vécues par les communautés riveraines. La nouvelle approche entend ainsi rechercher un équilibre entre la sauvegarde des écosystèmes, les usages traditionnels compatibles avec la conservation et les nécessités du développement local. Le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a d’ailleurs souligné que la politique devait être conçue avec les populations, dans le respect de leurs droits et de la paix sociale.
Cette dimension donne à la réforme une portée qui dépasse la seule réglementation environnementale. Elle pose les bases d’une gouvernance où la conservation doit pouvoir s’articuler avec les réalités économiques et sociales des territoires concernés.
De la loi à l’action
Pour Kokoroko, le véritable enjeu commence désormais après le vote. Le nouveau cadre juridique devra se traduire par une action publique capable de réduire effectivement les pressions sur les ressources naturelles et de renforcer la protection du patrimoine forestier.
L’ambition affichée est donc double : mieux défendre la biodiversité togolaise et contribuer à l’augmentation de la couverture forestière. Une orientation qui place la mise en œuvre de la loi au cœur de la prochaine étape de la politique environnementale du pays.
En définitive, l’intervention du ministre donne à cette réforme une portée essentiellement opérationnelle : doter le Togo d’outils juridiques et écologiques plus solides, mais surtout faire de leur application un levier concret de protection de la faune, de la flore et des écosystèmes.