Face aux maladies animales, la rapidité de réaction peut faire toute la différence. À Tabligbo, dans la préfecture de Yoto, le Groupe Heidelberg Materials Togo entend renforcer cette capacité d’alerte en s’appuyant directement sur les communautés. L’objectif est clair : permettre à chaque village de disposer de relais suffisamment formés pour détecter les premiers signes d’une maladie, donner l’alerte et faciliter une intervention rapide des services compétents.
Cette orientation est portée par la Fondation Heidelberg Materials Togo à travers la formation des auxiliaires villageois d’élevage (AVE). Pour Emmanuella Kpetigo, directrice exécutive de la Fondation, la surveillance sanitaire des animaux ne peut reposer uniquement sur l’intervention des services techniques. Elle doit également prendre appui sur des acteurs implantés au cœur des communautés et capables de réagir dès l’apparition des premiers symptômes.
« Chaque village doit pouvoir réagir rapidement », résume-t-elle, mettant en avant la nécessité de rapprocher la prévention sanitaire des zones d’élevage.
Des auxiliaires au plus près des éleveurs
La formation des auxiliaires villageois d’élevage répond précisément à cette exigence de proximité. Présents dans les villages, ces relais communautaires sont appelés à jouer un rôle déterminant dans l’identification des situations suspectes, la remontée des alertes et l’accompagnement des éleveurs face aux problèmes sanitaires.
« Il faut […] outiller chaque village à avoir des auxiliaires villageois d’élevage afin de pouvoir réagir vite lorsqu’il y a de ces cas qui apparaissent dans les villages et de contacter les autorités compétentes», explique Emmanuella Kpetigo.
Cette approche permet surtout de réduire le temps qui sépare l’apparition d’un problème sanitaire de son signalement. Or, dans le cas des maladies animales à propagation rapide, chaque délai supplémentaire peut accentuer les pertes dans les élevages et compliquer la maîtrise d’une éventuelle épidémie.
La grippe aviaire rappelle l’urgence de la prévention
L’initiative intervient dans un contexte où les maladies animales constituent une préoccupation à la fois économique, agricole et sanitaire. La récente résurgence de la grippe aviaire dans certaines localités du Togo vient notamment rappeler les risques liés à une détection tardive des foyers de contamination.
Pour la Fondation Heidelberg Materials Togo, l’anticipation constitue donc un levier essentiel. Former les communautés revient à renforcer le premier niveau de vigilance, avant même l’intervention des structures spécialisées.
La démarche revêt également une dimension de santé publique, certaines maladies animales pouvant avoir des conséquences sur les populations humaines. Une surveillance plus étroite des élevages et une transmission rapide des informations aux autorités compétentes peuvent ainsi contribuer à limiter les risques de propagation.
Préserver les élevages et les revenus des communautés
Au-delà de la seule question sanitaire, le renforcement des compétences des AVE touche directement à la protection des moyens de subsistance. Dans les communautés de la zone de Tabligbo, l’agriculture et l’élevage constituent en effet des activités essentielles pour les revenus des ménages.
Une maladie qui décime un cheptel ne représente donc pas seulement un problème vétérinaire. Elle peut fragiliser les revenus des éleveurs, compromettre des investissements familiaux et accentuer la vulnérabilité économique des communautés.
C’est pourquoi l’accompagnement des auxiliaires villageois d’élevage constitue, pour Heidelberg Materials Togo, un investissement à plusieurs dimensions : préserver la santé animale, sécuriser les activités économiques locales et contribuer à la protection des populations.
« Il est important pour nous de leur offrir notre appui, notre accompagnement, afin qu’ils puissent mener leurs activités dans de meilleures conditions », souligne la directrice exécutive de la Fondation.
À Tabligbo, Heidelberg Materials Togo fait ainsi le pari d’une prévention sanitaire ancrée dans les réalités locales. En dotant les villages de relais formés et opérationnels, l’initiative cherche à transformer la proximité en véritable outil de vigilance : détecter plus tôt, alerter plus vite et éviter qu’un problème sanitaire dans un élevage ne prenne l’ampleur d’une crise aux conséquences plus lourdes.
Source Vert-Togo