La 93ème session du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) se tient du 9 au 30 octobre 2026 au Palais des Nations Unies à Genève. La session examinera les rapports soumis de huit pays au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes à savoir, Angola, Cabo Verde, Îles Cook, Kazakhstan, Kenya, Paraguay, République de Moldova et Togo. Cet exercice de suivi périodique permet d’évaluer la mise en œuvre de la convention internationale éponyme ratifiée par les pays.
Ouvrant la session, Andrea Ori, chef de section à la Division du Conseil des droits de l’homme et des mécanismes de traités du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a souligné l’importance de continuer à promouvoir le système des droits humains et les organes conventionnels, la coopération multilatérale et les mécanismes universels de surveillance.
Présentation du rapport du Togo
Le Togo a été examiné à Genève les 12 et 14 octobre 2026. Le rapport a été présenté par AFO OUSMANE SALIFOU, Représentant permanent de la République togolaise auprès des Nations Unies à Genève et chef d’une délégation gouvernementale et de la société civile. L’Assemblée nationale et la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes au Togo étaient aussi représentées.
M. Salifou a d’abord indiqué que la priorité du Togo avait été de renforcer les fondements juridiques de l’égalité et de mieux protéger les femmes contre toutes les formes de discrimination et de violence. Ainsi la Constitution du 6 mai 2024 réaffirme-t-elle les principes d’égalité devant la loi et de non-discrimination, notamment en raison du sexe. De même, les réformes apportées au Code des personnes et de la famille, au Code pénal, au Code du travail et au Code de sécurité sociale ont permis de renforcer les garanties offertes aux femmes dans plusieurs domaines déterminants, le Code des personnes et de la famille consolidant ainsi l’égalité entre les conjoints et harmonisant à 18 ans légal du mariage pour les femmes et les hommes, a notamment précisé le Représentant permanent.
Il a mentionné plusieurs mesures prises par le Togo dans les domaines de l’éducation, de la santé maternelle et infantile, et de la lutte contre les violences fondées sur le genre. Évoquant la situation sécuritaire dans le nord du Togo, qui, a-t-il relevé, accroît les vulnérabilités de certaines communautés, les femmes et les enfants pouvant être exposés aux conséquences des déplacements de populations. Il a décrit les actions engagées au titre du Programme d’urgence pour la région des Savanes, qui intègrent des préoccupations de protection et de résilience.
Les préoccupations et les défis persistants
Cependant, malgré ces progrès, a dit le représentant, les rapports onusiens et nationaux montrent que des discriminations persistent à l’encontre des femmes et des filles au Togo, principalement dans le cadre familial, dans l’éducation, dans l’accès aux ressources économiques, dans la participation politique, dans l’accès à la justice et dans la protection contre les violences. À ces difficultés s’ajoutent le mariage d’enfants et les grossesses précoces qui peuvent entraîner l’interruption ou l’abandon de la scolarité des filles, a regretté le représentant.
Les alertes de la société civile
Au moins six représentants d’organisations de défense des droits humains ont témoigné à Genève. Ils ont attiré l’attention des experts sur le rétrécissement de l’espace civique et des libertés associatives, des enjeux sécuritaires majeurs dans la région des Savanes (nord du pays) qui impactant directement les populations ainsi que les cas d’interpellations de figures contestataires ou de journalistes féminines au Togo.
Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport du Togo et les rendra publiques à l’issue de sa session, le 30 octobre.
Selon la représentation togolaise, le Togo demeurait attentif aux préoccupations relatives aux conséquences de la polygamie sur l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu’aux recommandations du comité visant à renforcer les droits des femmes dans le mariage et les relations familiales.
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A rappeler que pour mieux protéger les femmes, les autorités togolaises ont ratifié en juin 1983, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Conformément aux dispositions de l’article 18 de la Convention, le pays soumet des rapports périodiques sur sa mise en œuvre.
Moulikatou S.