Face aux menaces croissantes qui pèsent sur le patrimoine naturel togolais, l’Université de Lomé et l’agence de coopération luxembourgeoise Lux-Development (LuxDev) ont officialisé mardi 3 novembre 2026 à Lomé, un partenariat stratégique. Cet accord acte le financement et la création d’une formation inédite dans le pays : le Diplôme universitaire en gestion durable des aires protégées (DU-GDAP).
Alors que le parlement togolais a récemment durci le cadre législatif pour sauvegarder les 83 aires protégées du territoire, cette alliance universitaire s’attaque à la racine du problème du manque crucial de personnel qualifié pour administrer durablement ces sanctuaires écologiques.
Quitter les amphithéâtres pour le terrain
L’ambition affichée par l’institution universitaire est de rompre avec les cursus purement théoriques pour privilégier l’action immédiate. Ce nouveau diplôme s’adresse en priorité aux professionnels, écogardes et agents techniques déjà en poste au sein des réserves phares du pays, à l’instar des complexes de Fazao-Malfakassa, d’Abdoulaye ou de Togodo.
Pour les instances représentant l’Université de Lomé, l’ambition n’est pas de former des théoriciens, mais de véritables gestionnaires de terrain. « Ce programme a été pensé sur mesure pour ceux qui sont quotidiennement au contact de nos parcs et de nos réserves. Il s’agit de combler un vide académique historique au Togo et de donner des outils concrets à ceux qui protègent notre biodiversité », ont-ils souligné.
Le cursus couvrira des disciplines aussi variées que l’écologie appliquée, la législation environnementale nationale et internationale, mais également la gestion financière et le développement du tourisme durable.
Concilier écologie et économie verte inclusive
Ce projet s’intègre plus largement dans le cadre de l’Initiative pour la croissance locale, l’utilisation responsable des ressources et l’équilibre des écosystèmes protégés (INCLURE), cofinancée par le Grand-Duché de Luxembourg et l’Union européenne. Pour les partenaires internationaux, l’enjeu ne se limite pas à dresser des barrières autour de la nature, mais à faire des aires protégées, un levier d’emploi pour la jeunesse.
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Du côté de la Team Europe et de Lux-Development, l’accent est mis sur la durabilité sociale du projet. « Notre soutien vise un impact triple : protéger une biodiversité unique, lutter contre le dérèglement climatique et surtout générer des emplois verts durables pour la jeunesse et les communautés locales », rappelle la direction du programme. « Il est essentiel d’associer les populations à la gouvernance de ces espaces pour substituer à l’exploitation sauvage une économie verte, concertée et résiliente. »
Un appui direct à l’Office National des Aires Protégées (ONAP)
Cette annonce vient opportunément renforcer la montée en puissance de l’Office national des aires protégées (ONAP), créé par le gouvernement togolais pour porter la couverture forestière nationale à 30 % d’ici 2030. En formant cette nouvelle garde technique à Lomé, le pays se dote des compétences nécessaires pour structurer les brigades de surveillance et déployer des technologies de pointe comme le biomonitoring ou le suivi par pièges photographiques sur le terrain.
Grâce à ce pont jeté entre la recherche scientifique et la conservation concrète, le Togo espère transformer ses réserves naturelles en véritables pôles de développement durable et de résilience face au changement climatique.
Moulikatou S.
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