La planète n’a pas besoin de nos bonnes intentions. Elle a besoin de nos actes. Chaque jour, nous produisons des déchets, consommons de l’eau, utilisons de l’énergie, achetons, jetons, construisons et nous déplaçons. Derrière chacun de ces gestes se cache une conséquence environnementale. La question n’est donc plus de savoir si nous devons protéger notre environnement, mais de savoir ce que chacun de nous fait concrètement pour y parvenir.
Il est facile de réclamer des villes propres, de dénoncer les dépotoirs sauvages ou de s’indigner devant les caniveaux obstrués par les déchets. Il est beaucoup plus difficile de s’interroger sur ses propres habitudes. Où avons-nous jeté le sachet que nous venons d’utiliser ? Que faisons-nous de nos bouteilles en plastique ? Pourquoi continuons-nous à abandonner des déchets dans les rues alors que nous savons qu’ils finiront dans les caniveaux, les rivières ou les océans ?
La protection de l’environnement commence précisément là : dans le comportement ordinaire, dans le geste que personne ne filme et que personne ne récompense.
Attendre uniquement des pouvoirs publics qu’ils règlent la question environnementale serait une dangereuse illusion. Les États doivent renforcer les politiques publiques, les collectivités améliorer la gestion des déchets, les entreprises réduire leurs impacts et les industries assumer leurs responsabilités. Mais aucune réglementation ne pourra surveiller chaque citoyen à chaque instant.
Il revient donc à chacun de prendre sa part.
Ne pas jeter un déchet au sol. Planter et préserver un arbre. Éviter le gaspillage de l’eau. Éteindre une lumière inutile. Réduire l’utilisation du plastique lorsque cela est possible. Maintenir son environnement immédiat propre. Sensibiliser un enfant, un voisin, un collègue. Signaler une pollution. Ces gestes peuvent paraître insignifiants pris séparément. Répétés par des milliers, voire des millions de personnes, ils changent pourtant profondément notre cadre de vie.
L’écologie ne devrait pas être une affaire de calendrier. Elle ne devrait pas apparaître uniquement lors d’une Journée mondiale, à la faveur d’une campagne de sensibilisation ou après une catastrophe environnementale. Elle doit s’inscrire dans notre quotidien.
Dans nos villes africaines, l’urgence est particulièrement visible. Plastiques qui jonchent les rues, eaux usées mal gérées, arbres abattus sans remplacement, fumées toxiques, occupation anarchique des espaces, pollution des cours d’eau : les signes de la pression exercée sur l’environnement sont partout. Face à cette réalité, la sensibilisation ne suffit plus. Il faut une transformation des comportements.
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Mais cette transformation ne peut réussir si elle repose exclusivement sur la culpabilisation du citoyen. Les responsabilités sont multiples. Une entreprise qui déverse des substances polluantes ne peut être placée sur le même plan qu’un ménage qui abandonne une bouteille dans la rue. Les pouvoirs publics ont également le devoir d’offrir des systèmes efficaces de collecte et de traitement des déchets, de faire respecter les normes et d’aménager des espaces urbains adaptés.
La responsabilité environnementale est donc partagée, mais elle commence quelque part : chez chacun de nous.
Nous n’avons pas besoin d’attendre une grande réforme pour agir. Nous pouvons commencer aujourd’hui, chez nous, dans notre quartier, sur notre lieu de travail, dans notre école, dans notre marché.
La question mérite d’être posée à chacun : si tout le monde adoptait les mêmes habitudes environnementales que moi, dans quel état serait notre ville demain ?
La réponse devrait suffire à nous faire changer.
Parce que protéger l’environnement, ce n’est pas seulement sauver une forêt lointaine ou défendre une espèce menacée. C’est aussi préserver l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les rues où jouent nos enfants et la terre qui devra encore nourrir les générations futures.
La planète est notre maison commune. À chacun de ne pas attendre que son voisin commence pour faire sa part.