Face à l’explosion du trafic illicite de bois et à la dégradation continue des écosystèmes, le gouvernement togolais accélère la professionnalisation de ses équipes. Lundi 2 novembre 2026, le ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières a entamé à Kpalimé ( 120 km de Lomé), une session de formation à l’endroit des agents des eaux et forêts afin de les initier à la maîtrise des techniques d’enquête, la rigueur de la rédaction des procès-verbaux et au renforcement de la collaboration avec les autorités judiciaires.
L’initiative s’inscrit dans la feuille de route imposée par les autorités de tutelle. Le ministre Dodzi Kokoroko, en charge du département a, récemment, affiché sa volonté de restructurer le corps des forestiers en insistant sur la tolérance zéro et le respect rigoureux du code forestier.
Lire aussi : Nutrition infantile en Afrique : L’alerte médicale derrière l’appel au « zéro sucre »
Les travaux vont durer trois semaines. Le pays fait ainsi le choix de professionnaliser ses forces forestières pour transformer efficacement les constats de terrain en sanctions juridiques exemplaires.
Garantir des procédures juridiques inattaquables
Ouvrant les travaux au nom du ministre Kokoroko, le Directeur préfectoral de l’Environnement a, mis l’accent sur l’importance cruciale de la rigueur administrative dans le succès des procédures judiciaires. « La protection de nos forêts et de notre biodiversité ne se limite plus à la surveillance physique du territoire. Elle se joue désormais devant les tribunaux. Un procès-verbal mal rédigé ou un vice de procédure peut libérer un trafiquant. Durant ces trois semaines, vous apprendrez à rendre vos dossiers d’enquête juridiquement inattaquables afin que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur », a-t-il déclaré à l’endroit des participants.
Renforcer la synergie avec la justice
Le Secrétaire général de la préfecture de Kloto, Koudjo Kodjo a salué cette initiative qui vient fluidifier les rapports entre la forêt et le tribunal. « Cette formation vient combler un fossé technique majeur. En maîtrisant les techniques d’enquête modernes et en comprenant mieux les attentes des magistrats, nos agents des eaux et forêts deviennent de véritables maillons forts de la chaîne judiciaire. La collaboration avec les parquets doit être fluide et immédiate pour décourager définitivement les criminels environnementaux », a souligné l’autorité préfectorale lors de son discours d’ouverture.
Pendant les trois prochaines semaines, les agents alterneront entre modules théoriques sur le code forestier, simulations de scènes d’infraction et rédaction assistée d’actes juridiques, sous la supervision d’experts forestiers et de magistrats.
Après cette vague, deux autres sessions s’en suivront pour faire bénéficier au total 120 agents ciblés.
Moulikatou S.