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mardi, septembre 22, 2026 17:09
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Au Togo, la transition vers une cuisson plus propre franchit un nouveau cap. Après une première expérience concluante avec les foyers améliorés dans plusieurs régions, le Gouvernement veut désormais changer d’échelle. Un investissement de 8,5 millions de dollars, soit plus de 4,8 milliards de FCFA, doit permettre d’étendre cette solution à l’ensemble du territoire et de réduire durablement la dépendance des ménages au bois de chauffe et au charbon de bois.

La cuisson propre apparaît aujourd’hui comme un levier à la fois environnemental, sanitaire et économique. Elle repose sur l’utilisation de technologies et de combustibles modernes capables de limiter fortement les émissions de fumées nocives, tout en diminuant la pression exercée sur les ressources forestières. Au-delà de la protection de l’environnement, cette transition contribue également à améliorer la qualité de l’air dans les habitations et à favoriser l’émergence d’emplois verts.

Près de 107 000 foyers déjà bénéficiaires

L’expérience menée au Togo fournit déjà des résultats encourageants. Face aux conséquences de l’utilisation massive du bois et du charbon de bois, le Gouvernement a autorisé l’expérimentation des foyers améliorés, considérés comme l’une des principales technologies de cuisson propre.

Le dispositif a progressivement séduit les ménages. Environ 2 000 foyers par mois ont ainsi pu bénéficier de cette technologie et réduire leur recours au bois de chauffe. Cette adoption progressive traduit la capacité des solutions de cuisson améliorée à répondre simultanément aux préoccupations économiques des familles et aux impératifs de préservation des ressources naturelles.

À ce jour, près de 107 000 foyers dans les régions Maritime, des Plateaux et de la Centrale en sont bénéficiaires. Dans les ménages concernés, les effets se font notamment sentir sur les dépenses consacrées à l’énergie et sur la qualité de l’air intérieur. La consommation de combustibles traditionnels étant réduite, la pression sur les ressources forestières s’en trouve également allégée.

Ces résultats constituent un signal important pour la transition énergétique du pays. Ils montrent surtout que la cuisson propre peut dépasser le stade de l’expérimentation pour devenir une réponse opérationnelle aux enjeux de déforestation, de santé publique et de changement climatique.

Un accord pour passer à une nouvelle échelle

Fort de cette première expérience, le Togo entend désormais étendre le programme aux régions qui n’en bénéficient pas encore. C’est dans cette perspective qu’un protocole d’accord a été signé à Lomé entre le Gouvernement togolais, représenté par le ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, en sa qualité d’Autorité nationale désignée, et les sociétés Valor Carbon Ltd, Valitera Pte Ltd et Arborify SA.

Ce partenariat doit permettre de mettre en place un projet pilote d’investissement consacré à l’élargissement du programme de foyers de cuisson améliorée. L’ambition dépasse ainsi la simple diffusion d’équipements : il s’agit d’installer progressivement de nouvelles habitudes énergétiques au sein des ménages et de réduire l’utilisation des combustibles fortement consommateurs de ressources forestières.

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À cette occasion, le ministre a présenté l’accord comme une étape déterminante dans la consolidation des acquis. Selon lui, « ce protocole marque le lancement d’une opération pilote d’envergure. Il ne s’agit pas d’un simple accord financier, mais d’une action concrète de terrain qui transforme un essai réussi. Elle protège nos forêts, améliore la santé et le quotidien de millions de ménages ».

Le projet bénéficie par ailleurs de l’appui financier d’une banque d’investissement américaine. Ce soutien constitue un signal supplémentaire quant à l’intérêt croissant des investisseurs pour les initiatives conciliant développement économique, transition énergétique et protection du climat.

8,5 millions de dollars mobilisés

Pour concrétiser cette ambition, les gestionnaires du projet prévoient de mobiliser 8,5 millions de dollars, correspondant à plus de 4,8 milliards de FCFA. Cette enveloppe doit financer le déploiement du programme pilote et soutenir son extension progressive.

Les retombées recherchées sont multiples. Sur le plan sanitaire, la réduction de l’exposition aux fumées issues de la combustion traditionnelle devrait contribuer à améliorer l’environnement domestique. Sur le plan écologique, la diminution de la consommation de bois et de charbon doit participer à la lutte contre la déforestation, à la conservation de la biodiversité et à la réduction des émissions qui aggravent le changement climatique.

L’enjeu est donc bien plus large que la seule modernisation des équipements de cuisine. La cuisson propre se situe au croisement de plusieurs priorités nationales : santé des populations, accès à l’énergie, protection des forêts, création d’activités économiques et adaptation aux défis climatiques.

Une généralisation prévue jusqu’en 2032

Le programme devrait être progressivement étendu à l’ensemble du territoire national jusqu’en 2032, avec une possibilité de prolongation jusqu’en 2037. Cette perspective inscrit la transition vers la cuisson propre dans une stratégie de long terme.

Pour le Togo, l’objectif est désormais de transformer une expérimentation concluante en un programme national capable de modifier durablement les pratiques de cuisson. La généralisation des foyers améliorés pourrait ainsi contribuer à réduire la dépendance aux combustibles traditionnels, tout en offrant aux ménages des solutions énergétiques plus économiques et moins nocives pour leur environnement.

Cette alliance entre le Gouvernement et les partenaires privés traduit ainsi une volonté de faire de la transition énergétique un instrument de développement. En misant sur la cuisson propre, le Togo cherche à articuler protection des ressources forestières, amélioration des conditions de vie, développement économique et lutte contre le changement climatique, avec l’ambition d’inscrire ces avancées dans la durée.

One thought on “Togo : 8,5 millions de dollars pour accélérer la cuisson propre et protéger les forêts”

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