À Agou 2, la sécurité alimentaire des ménages agricoles entend désormais se construire dans les champs, mais aussi dans la capacité des producteurs à mieux préserver leurs terres, leurs récoltes et leurs revenus. À Amoussoukopé, l’association NYANYUIE a officiellement lancé, ce mercredi, le projet « Sécurité alimentaire durable pour les familles d’agriculteurs au Togo », une initiative destinée à apporter des réponses concrètes aux difficultés qui fragilisent les exploitations familiales.
La cérémonie de lancement, organisée à la mairie d’Agou 2, a été présidée par le maire de la commune, SAKPA Koffi Sessimé, en présence de plusieurs bénéficiaires issus des dix villages retenus dans le cadre du projet. À cette occasion, l’autorité communale a réaffirmé le soutien des responsables locaux à cette initiative, considérée comme un levier pour renforcer les capacités des communautés agricoles et améliorer durablement leurs conditions de vie.
Durant douze mois, de juillet 2026 à juin 2027, le projet entend agir sur plusieurs maillons essentiels de la chaîne agricole. Il s’attaque notamment à la dégradation de la fertilité des sols, à la baisse des rendements, aux pertes enregistrées après les récoltes ainsi qu’aux conséquences de plus en plus visibles du changement climatique sur les activités agricoles.
Portée par NYANYUIE avec l’appui de son partenaire de coopération ANDA e.V., ainsi que du Parlement et du Ministère d’État du Baden-Württemberg, le financement étant assuré par la Fondation pour la coopération au développement du Baden-Württemberg, l’initiative privilégie une approche fondée sur la transmission des connaissances et l’adaptation des pratiques agricoles aux réalités actuelles.
Pour KOTO Komi Wolako, président de NYANYUIE, l’objectif n’est pas de repartir de zéro, mais de consolider et d’améliorer les pratiques déjà expérimentées par les communautés. L’enjeu consiste à corriger les insuffisances observées sur le terrain afin de permettre aux producteurs d’accroître leurs performances agricoles tout en adoptant des méthodes davantage respectueuses des sols et mieux adaptées aux bouleversements climatiques.
Dans cette perspective, le projet prévoit des formations à la fois théoriques et pratiques. Les bénéficiaires seront notamment outillés sur les techniques agroécologiques, la restauration et la préservation des sols, les méthodes de production adaptées aux variations climatiques, mais également sur la conservation, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.
Selon TOME Kodzo, coordonnateur du projet, 20 acteurs agricoles bénéficieront directement de ces formations. Une attention particulière sera accordée aux petites agricultrices et aux jeunes adultes, deux catégories appelées à jouer un rôle important dans la consolidation des systèmes de production locaux. Par effet de diffusion des connaissances et des pratiques, au moins 100 autres agriculteurs devraient être touchés indirectement.
Lire aussi : Togo : Dapaong met l’eau et l’assainissement au cœur de la décentralisation
Mais NYANYUIE entend aller au-delà de la simple formation. L’association ambitionne de favoriser l’appropriation effective des bonnes pratiques dans les dix villages ciblés et de faire émerger une véritable dynamique collective entre producteurs, autorités locales, services techniques et organisations partenaires.
Cette démarche vise ainsi à inscrire les acquis du projet dans la durée. Pour les familles agricoles, il ne s’agit pas seulement de produire davantage, mais aussi de réduire les pertes, de mieux valoriser les récoltes et d’améliorer les revenus tirés de l’agriculture. Une stratégie qui place la maîtrise de toute la chaîne de production au cœur de la recherche d’une sécurité alimentaire plus solide.
À Amoussoukopé, le lancement de ce projet ouvre donc une nouvelle phase d’accompagnement de proximité des communautés rurales. La priorité est désormais de transformer les connaissances en pratiques concrètes et les pratiques en résultats durables pour les ménages agricoles.
Les premières formations sont annoncées pour la semaine prochaine. Leur démarrage doit notamment permettre aux bénéficiaires de mettre rapidement en application les enseignements reçus et de tirer parti de la seconde saison pluvieuse qui s’annonce.
Avec EPLUSMEDIA