Le leadership politique féminin au Togo promeut. Réunies en Assemblée générale ce jeudi 29 octobre 2026 au siège de la représentation nationale, les femmes parlementaires ont acté une refonte majeure de leur instance de plaidoyer. Le Caucus des femmes parlementaires intègre désormais officiellement les membres du tout nouveau Sénat, marquant l’adaptation de l’organisation au bicaméralisme togolais. À l’issue des travaux, l’honorable Hadja Ibrahima Mémounatou a été reconduite à l’unanimité à la présidence du mouvement.
Un élargissement historique vers le bicaméralisme
Créé à l’origine en 2011 au sein de l’Assemblée nationale pour briser l’isolement des femmes en politique, le Caucus élargit ses horizons. Avec la mise en place récente de la chambre haute, cette intégration était devenue une nécessité stratégique pour maintenir la cohésion des élues.
Désormais, l’organisation compte un effectif total de 39 femmes parlementaires, réparties entre 24 députées et 15 sénatrices. Pour soutenir cette transformation, les textes fondamentaux régissant le Caucus ont été révisés, débouchant sur l’élection d’un tout nouveau bureau paritaire de 11 membres. Dans cette équipe renouvelée, la sénatrice Balouki Essossimna Bernadette, épse Legzim et la députée Dossou d’Almeida Dohoe Myriam Viwouale officieront notamment en tant que conseillères.
Le renouvellement d’un leadership fort
La reconduction d’Ibrahima Mémounatou, figure incontournable de la scène politique nationale et sous-régionale, également présidente du Parlement de la CEDEAO, témoigne de la confiance de ses paires. Reconnue pour son engagement de longue date en faveur de l’égalité de genre, elle aura la lourde tâche de piloter cette instance élargie.
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Dans son allocution, la présidente réélue a salué le soutien continu des partenaires au développement, à l’instar du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Elle a profité de l’occasion pour dresser un bilan des acquis, rappelant notamment les avancées législatives majeures de 2022 touchant à la protection des droits de la femme et à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
Du vote à l’action : le défi de la vulgarisation
Pour le Caucus, le véritable champ de bataille ne se situe plus uniquement dans l’hémicycle. Ibrahima Mémounatou a martelé une priorité claire pour ce nouveau mandat : l’accessibilité et l’effectivité des lois. « Il est crucial de rendre les textes de loi accessibles aux populations. Les droits reconnus par l’État doivent être connus, compris et effectivement exercés par chaque Togolaise », a-t-elle insisté lors des échanges.
Un leadership salué par les partenaires internationaux
La représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Elise Kakam, a salué le leadership des autorités togolaises. Elle a notamment mis en avant l’introduction de la budgétisation sensible au genre en 2026, qualifiée d’avancée majeure pour l’équité des investissements publics.

Elle a saisi de l’occasion pour encourager le Caucus à intensifier ses programmes d’éducation auprès des jeunes filles et à promouvoir un engagement politique accru chez les femmes au Togo.
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En conjuguant les forces et les expériences des élues des deux chambres, le Caucus entend peser plus lourdement dans les arbitrages budgétaires et législatifs sensibles au genre. L’objectif affiché reste inchangé : faire de la synergie interparlementaire un levier pragmatique d’émancipation pour les femmes et les jeunes filles à travers tout le pays.
Moulikatou S.