Le Togo peut-il mettre fin à l’épidémie de VIH/Sida d’ici 2030 sans une mobilisation accrue de ses institutions ? La question était au cœur des échanges, mercredi, entre le président de l’Assemblée nationale, le professeur Komi Selom Klassou, et le Dr Christian Mouala, directeur et représentant multi-pays de l’ONUSIDA pour le Togo, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Au centre des discussions : les progrès enregistrés par le pays, les défis qui persistent et le rôle stratégique des parlementaires dans l’accélération de la riposte.
Cette rencontre a également permis de faire le point sur la coopération entre le Togo et l’ONUSIDA. Le Dr Christian Mouala a notamment salué la participation du pays aux discussions internationales ayant conduit, en juin 2026, à l’adoption d’une nouvelle déclaration politique sur le VIH, ainsi que son soutien à la position commune africaine face à la pandémie.
Des progrès significatifs, mais des défis persistants
Les indicateurs présentés témoignent des avancées réalisées par le Togo dans la lutte contre le VIH. Selon les données évoquées lors de l’entretien, environ 94 % des personnes vivant avec le virus connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 93 % bénéficient d’un traitement antirétroviral, tandis que 85 % des personnes concernées ont atteint la suppression virale.
Ces résultats traduisent les efforts déployés en matière de dépistage et de prise en charge. Ils ne doivent toutefois pas occulter les difficultés qui subsistent. La prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant demeure un chantier important, tout comme le renforcement des actions de sensibilisation auprès des jeunes âgés de 15 à 24 ans.
Pour atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie à l’horizon 2030, la consolidation des acquis devra donc s’accompagner d’interventions plus ciblées auprès des populations les plus exposées aux risques de contamination.
Les parlementaires au cœur de la riposte
Au-delà des résultats sanitaires, les échanges ont mis en lumière la place que peut occuper l’Assemblée nationale dans cette lutte. Le représentant de l’ONUSIDA a souligné l’importance de l’engagement des parlementaires dans le plaidoyer, les décisions politiques et l’élaboration des orientations stratégiques et budgétaires liées au VIH.
Leur contribution ne se limite pas à l’adoption de textes. Elle peut également peser sur la mobilisation des ressources, le suivi des politiques publiques et le renforcement des dispositifs de prévention et de prise en charge. Le Dr Christian Mouala a ainsi évoqué la nécessité de développer les capacités des élus sur les enjeux liés au VIH et à la santé.
À l’issue de la rencontre, il s’est réjoui de la qualité des discussions et de l’intérêt manifesté par les parlementaires. « Je suis vraiment surpris de la qualité des discussions et de l’engagement des parlementaires », a-t-il déclaré.
Cette audience ouvre des perspectives pour une collaboration plus étroite entre l’ONUSIDA et l’Assemblée nationale togolaise. L’accompagnement des élus et leur implication dans les politiques de santé pourraient contribuer à renforcer la prévention, améliorer la prise en charge et soutenir les efforts nationaux.
À quatre ans de l’échéance de 2030, l’enjeu est désormais de transformer les progrès enregistrés en résultats durables, afin que l’ambition de mettre fin à l’épidémie de VIH/Sida se traduise concrètement dans la vie des populations.