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mardi, septembre 22, 2026 15:04
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L’AFPM-Togo veut rapprocher les médias d’une jeunesse majoritaire dans la population, mais encore confrontée à des barrières d’accès à l’information. Son projet « Connexions – Kadodo » entend agir sur plusieurs fronts : podcasts, radio, langues nationales, formation et participation directe des jeunes, avec une attention particulière portée aux jeunes femmes.

Le choix du dispositif répond à un constat lié aux usages médiatiques au Togo. Selon les données les plus récentes utilisées par DataReportal, l’âge médian de la population togolaise s’établit à 19,1 ans. Mais cette jeunesse ne dispose pas pour autant d’un accès généralisé à Internet. À la fin de 2025, environ 37 % de la population utilisait Internet, laissant une majorité de Togolais en dehors du réseau.

La radio conserve, dans ce contexte, une place importante. Les données d’Afrobarometer publiées en octobre 2025 indiquent que 64 % des Togolais interrogés déclarent utiliser régulièrement ce média pour s’informer, contre 48 % pour les médias sociaux. Le projet de l’Association des Femmes Professionnelles des Médias du Togo entend précisément exploiter cette complémentarité entre médias traditionnels et formats numériques.

Sur douze mois, « Connexions », appelé « Kadodo » en mina, prévoit ainsi la production de 24 épisodes de podcast en français, mais aussi en mina, éwé, kabyè et kotokoli. L’objectif est d’adapter les contenus aux réalités linguistiques des publics visés et de créer des espaces où les jeunes puissent non seulement accéder à l’information, mais également participer à sa production.

De simples auditeurs à acteurs des contenus

La particularité du projet réside dans l’implication annoncée des jeunes dans le processus éditorial. Ils doivent prendre part au choix des thématiques, à la préparation des contenus, aux témoignages et aux productions. L’AFPM-Togo vise ainsi à renforcer leur capacité d’expression, leur participation citoyenne et leur pouvoir d’agir dans l’espace médiatique.

Une tournée intergénérationnelle a été menée en juin. Le programme prévoit également six sessions de formation et de mentorat destinées à 150 bénéficiaires, dont au moins 70 % de jeunes femmes.

Trois catégories de publics sont ciblées : les jeunes femmes journalistes et les étudiantes en journalisme ou communication, les jeunes filles évoluant dans le secteur informel ainsi que les étudiants et étudiantes des universités publiques et privées. Les sessions doivent associer éducation aux médias, techniques de prise de parole, production de contenus et échanges avec des professionnelles expérimentées.

Le projet prévoit par ailleurs la mobilisation de 20 femmes journalistes comme productrices, animatrices, formatrices ou mentores. Une manière, pour l’association, de mettre en relation l’expérience de professionnelles déjà établies avec une nouvelle génération.

Les langues nationales au cœur du dispositif

Le recours au mina, à l’éwé, au kabyè et au kotokoli constitue l’un des axes structurants de Kadodo. Pour l’AFPM-Togo, cette orientation doit permettre de toucher des publics dont les pratiques quotidiennes ne reposent pas exclusivement sur le français.

L’enjeu dépasse donc la seule question du format. Les contenus consacrés notamment à l’éducation, à l’emploi, à la culture, à l’égalité ou à la citoyenneté doivent pouvoir circuler dans des langues davantage utilisées par les populations. Le projet cherche ainsi à limiter les obstacles linguistiques et numériques susceptibles de restreindre l’accès aux informations concernant directement les jeunes.

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Cette orientation s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’AFPM-Togo depuis sa création en 2023. L’association travaille notamment sur la formation des professionnelles des médias, le journalisme sensible au genre, l’éthique professionnelle, l’inclusion et la participation des femmes aux espaces de décision médiatiques.

En 2025, plusieurs formations avaient déjà porté sur le journalisme sensible au genre, la transformation digitale et les violences basées sur le genre. En avril 2026, l’organisation a réuni journalistes, étudiants, acteurs de la société civile et jeunes autour de la désinformation genrée. En mai, 25 journalistes et responsables de médias ont participé à une session consacrée à la désinformation sexiste et à la responsabilité médiatique. La circulation de fausses informations dans les langues locales avait notamment été évoquée.

En août 2026, l’AFPM-Togo a également organisé la première Nuit des Femmes des Médias du Togo, avec un Village des Médias au Féminin.

Pour Elisabeth Apampa, présidente de l’AFPM-Togo, l’ambition de Kadodo est de dépasser la simple présence des femmes et des jeunes dans les médias.

« Notre ambition est de créer de véritables connexions : entre les jeunes et les médias, entre les générations, entre les femmes journalistes expérimentées et celles qui arrivent dans le métier, mais aussi entre les langues que les populations parlent au quotidien et les sujets qui concernent leur avenir », a-t-elle déclaré.

La présidente de l’AFPM-Togo souligne également que les jeunes ne doivent pas seulement consommer l’information. Ils doivent pouvoir la comprendre, la questionner et contribuer à sa production. Une orientation qui place la participation des jeunes femmes au cœur du dispositif.

Avec GLOBAL ACTU

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