Le leadership féminin africain change d’échelle. De plus en plus de jeunes femmes investissent les espaces de décision, renforcent leurs compétences et revendiquent leur capacité à transformer les institutions et les communautés. C’est dans cette dynamique que LEAP Africa vient de franchir une nouvelle étape avec la clôture de la cinquième cohorte de son Programme d’accélération du leadership pour les jeunes femmes africaines, marquée par un premier boot camp en présentiel organisé à Nairobi, au Kenya.
L’initiative témoigne surtout de l’ampleur de l’intérêt suscité par les programmes consacrés à l’autonomisation et au développement du leadership féminin sur le continent. Plus de 4 500 femmes provenant de 48 pays africains et de 12 pays non africains ont manifesté leur intérêt pour le programme. Parmi elles, plus de 1 500 participantes ont franchi avec succès la phase d’apprentissage en ligne, proposée gratuitement.
À l’issue de cette première sélection, 31 jeunes femmes venues du Nigeria, de Tanzanie, du Mozambique, d’Ouganda, de Maurice, du Kenya, de Zambie, du Cameroun, de Namibie, de Sierra Leone et du Malawi ont été retenues pour prendre part au boot camp de Nairobi. Cette diversité géographique confère à l’initiative une dimension résolument panafricaine, en favorisant la circulation des expériences, la création de réseaux et le partage de solutions entre femmes issues de contextes différents.
Former une nouvelle génération de femmes leaders
Derrière ce programme se trouve une ambition claire : préparer une nouvelle génération de femmes capables d’assumer des responsabilités, d’influencer les décisions et de contribuer activement à la transformation du continent. Conçu et mis en œuvre par LEAP Africa, le Programme d’accélération du leadership entend ainsi fournir aux participantes des connaissances, des compétences pratiques, des réseaux professionnels et une plus grande assurance pour exercer leur leadership.
Pour Kehinde Ayeni, directrice exécutive de LEAP Africa, l’investissement dans les jeunes femmes constitue un levier stratégique pour l’avenir du continent. Elle estime que le renforcement des capacités féminines ne relève pas uniquement de l’égalité des chances, mais participe également à la construction d’une Afrique mieux préparée à relever ses défis.
« Nous sommes convaincus qu’investir aujourd’hui dans les jeunes femmes, c’est investir dans l’avenir de l’Afrique.
À travers ce programme, nous développons les compétences en leadership et construisons une communauté de femmes capables d’influencer les politiques publiques, de transformer les institutions, de renforcer les communautés et de diriger avec courage, compétence et intégrité », a-t-elle déclaré.
Le boot camp de Nairobi a justement été conçu comme un espace d’apprentissage intensif et d’échanges. Les participantes ont pris part à des séances plénières, des tables rondes, des exercices pratiques, des travaux collaboratifs et des présentations d’études de cas. Des conférenciers, des experts de différents secteurs et des femmes leaders venues de plusieurs régions d’Afrique ont contribué à enrichir les discussions.
Les enseignements ont couvert plusieurs dimensions déterminantes pour l’évolution professionnelle et personnelle des participantes. Leadership transformationnel, gestion des échecs, construction de l’image professionnelle, présence exécutive, intelligence financière et rôle des hommes comme alliés du leadership féminin figuraient notamment au programme.
Transformer les compétences en influence
L’enjeu du programme dépasse ainsi la simple acquisition de connaissances. En renforçant les capacités individuelles et en créant des passerelles entre jeunes femmes africaines, LEAP Africa cherche à faire émerger un réseau de leaders capables de passer de l’ambition à l’action.
Pour Amabelle Nwakanma, directrice des programmes et des partenariats de LEAP Africa, l’arrivée à cette cinquième cohorte confirme la pertinence d’un accompagnement durable des jeunes femmes africaines.
« Atteindre la cinquième cohorte du Programme d’accélération du leadership montre ce qui est possible lorsque nous investissons délibérément dans les jeunes femmes africaines », a-t-elle souligné.
Cette dynamique repose également sur la conviction que les talents féminins existent en nombre sur le continent, mais qu’ils ne disposent pas toujours des conditions nécessaires pour s’exprimer pleinement. L’accès aux réseaux, au mentorat, aux opportunités professionnelles et aux dispositifs d’accompagnement peut alors jouer un rôle décisif dans leur progression.
« Chaque cohorte nous rappelle que l’Afrique regorge de femmes brillantes qui ont simplement besoin des bonnes opportunités, de réseaux et de systèmes de soutien adaptés pour s’épanouir. L’organisation de notre premier Boot Camp à Nairobi traduit également notre volonté de bâtir un véritable mouvement panafricain de leadership, capable de connecter et d’autonomiser les femmes au-delà des frontières », a ajouté Amabelle Nwakanma.
Pour les bénéficiaires, l’expérience a également constitué un moment de confrontation des idées et d’ouverture sur d’autres réalités africaines. Le contact avec des formatrices, des experts et des jeunes leaders issues de différents pays a permis de dépasser le cadre strict de la formation pour créer de nouvelles relations professionnelles et humaines.
Une participante a notamment expliqué que le programme avait profondément renouvelé sa perception du leadership. « Le Leadership Accelerator Programme a élargi ma vision du leadership et m’a rappelé que diriger, c’est servir, collaborer et créer des opportunités pour les autres. Au-delà des différentes sessions, les relations que j’ai nouées ici resteront l’un des aspects les plus précieux de cette expérience », a-t-elle témoigné.
Un réseau panafricain pour relever les défis de demain
À travers cette cinquième cohorte, LEAP Africa entend donc contribuer à la constitution d’un véritable vivier de femmes leaders africaines. L’objectif consiste désormais à maintenir cette dynamique afin de permettre à ces jeunes professionnelles de mobiliser leurs compétences et leurs réseaux face aux défis économiques, sociaux et institutionnels du continent.
L’organisation affirme vouloir poursuivre le renforcement de cette réserve de talents féminins en mettant à leur disposition les outils, la confiance et les connexions nécessaires pour participer davantage aux processus décisionnels, exercer une influence positive et prendre part aux efforts en faveur du développement durable de l’Afrique.
Plus qu’un programme de formation, l’initiative entend ainsi poser les bases d’une communauté panafricaine de femmes capables de porter des transformations dans leurs secteurs respectifs. Une démarche qui place le leadership féminin, le développement des compétences et la mise en réseau au cœur des leviers susceptibles de faire émerger une nouvelle génération de décideuses africaines.