À N’Djamena, le Togo porte une vision ambitieuse de la sécurité hydrique. Face à une crise qui prive encore des centaines de millions d’Africains d’eau potable et de services d’assainissement, le pays mise sur des réformes profondes et des investissements massifs pour atteindre l’accès universel d’ici 2031.
Le Forum africain de l’eau s’est ouvert le 15 juillet 2026 à N’Djamena, au Tchad, sous le thème « De la vision à l’action ». Organisée conjointement par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de l’initiative Water Forward, cette rencontre de haut niveau rassemble chefs d’État, responsables gouvernementaux, partenaires techniques et financiers autour d’un objectif commun: accélérer les réformes et les investissements afin de garantir un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique.
Le Togo y est représenté par le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, mandaté par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Cette participation illustre la volonté du pays de contribuer activement aux réponses africaines face aux défis de la sécurité hydrique.
Les travaux se déroulent dans un contexte préoccupant. Plus de 400 millions d’Africains demeurent privés d’un accès de base à l’eau potable, tandis que plus de 700 millions ne disposent pas de services d’assainissement adéquats. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de transformer les engagements politiques en réalisations concrètes grâce à une mobilisation accrue des financements.
Pour le Togo, cette ambition se traduit par la mise en œuvre du Pacte national pour l’eau 2026-2031, un programme structurant estimé à 1 756 milliards de FCFA. Ce plan vise l’accès universel à l’eau potable et l’élimination de la défécation à l’air libre d’ici à 2031. Il prévoit notamment la modernisation de la gouvernance du secteur, le renforcement de la régulation, l’amélioration de la viabilité financière des services, le développement des partenariats public-privé et une gestion intégrée des ressources en eau.
En inscrivant cette stratégie dans la Vision Togo 2040, la feuille de route gouvernementale 2026-2031 et les Objectifs de développement durable, le pays entend faire de l’eau un moteur de croissance, de résilience climatique et de cohésion sociale. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, participe également aux travaux du Forum.