La dégradation de l’environnement, les déplacements massifs des populations et l’instabilité sécuritaire. Ces défis qui fragmentent la sous-région notamment les pays du Sahel sont au cœur de la 20ème Réunion du Bureau du Parlement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ouverte samedi 19 septembre 2026 à Accra (Ghana) et conduite par sa présidente, Hadja Mémounatou Ibrahima. L’objectif est de réfléchir sur des politiques efficaces et des initiatives concrètes pour endiguer le mal.
Les défis majeurs
En effet, les pays membres de la CEDEAO font face depuis des années, aux effets croissants du changement climatique, avec des conséquences qui dépassent largement le secteur environnemental et fragilisent les populations : la désertification des pays du Sahel, rareté des pluies, l’abandon des terres par des paysans, déplacement des familles vers le sud ou vers l’extérieur. A ces défis s’ajoutent, l’insécurité croissante qui caractérise le Sahel, le manque d’emploi … Face aux réalités, l’institution parlementaire réaffirme son engagement pour consolider son rôle dans le processus d’intégration régionale.

Cette réunion ouvre la deuxième session parlementaire qui sera consacré au thème : « Le changement climatique, facteur de dégradation de l’environnement, de déplacements de populations et d’insécurité croissante dans l’espace CEDEAO ». À travers ce choix, le Parlement communautaire entend mettre en lumière les liens entre les bouleversements environnementaux, les mouvements de populations et les défis sécuritaires auxquels sont confrontés plusieurs États de la région.
Pour la présidente du parlement, Hadja Mémounatou Ibrahima, cette problématique appelle à une réflexion collective et à des réponses coordonnées à l’échelle communautaire. Le Parlement de la CEDEAO veut ainsi contribuer, dans le cadre de ses prérogatives, à une meilleure prise en compte des préoccupations des citoyens face aux mutations qui affectent l’espace ouest-africain.
L’urgence signalée
Selon les données internationales, le Sahel a perdu environ un tiers de sa couverture végétale au cours des cinquante dernières années. Les températures moyennes augmentent à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Les projections climatologiques indiquent un approfondissement de cette tendance. En parallèle, les flux migratoires régionaux et intercontinentaux se sont intensifiés. Les Nations unies estimaient en 2023 que plus de deux millions de personnes avaient été déplacées par la violence dans la région, une majorité en raison de conflits liés indirectement à la rareté des ressources.
Cependant, l’institution parlementaire à inscrit à l’ordre du jour, de nouvelles préoccupations, le renforcement de la participation des députés aux activités parlementaires et la réflexion sur des instruments budgétaires adaptés aux réalités émergentes. L’avant-projet de budget et le plan de travail annuel 2027 reflètent cette orientation.
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Selon la présidente Hadja Mémounatou Ibrahima, les défis climatiques et sécuritaires que la sous-région affronte, échappent à la logique des frontières nationales. Une sécheresse au Mali affecte simultanément la Mauritanie et le Sénégal, les migrations se déploient en cascades transfrontalières et les réseaux d’insécurité ignorent les lignes de démarcation administrative.
Elle indique que seule une coordination régionale, dotée d’une légitimité parlementaire et d’une légitimité politique forte, peut produire des stratégies efficaces. Elle remercie ses collègues du Bureau et le secrétariat général pour leur engagement et la prise de conscience collective.
Les travaux d’Accra vont débouchés sur des recommandations concrètes, quels mécanismes de financement pour adapter les économies régionales aux nouvelles réalités climatiques ? Quels programmes de création d’emploi pour absorber les migrants environnementaux ? Quels cadres de coopération sécuritaire pour enrayer la radicalisation née de l’instabilité ?
« La formulation révèle une tension fondamentale. Les citoyens ouest-africains attendent des solutions concrètes. Ils veulent des pluies régulières, des emplois, la sécurité. Un parlement régional, par essence, ne peut que créer un cadre de dialogue et de coordination. Il ne peut pas faire tomber la pluie ni créer des emplois. Il peut en revanche imposer une réflexion cohérente aux gouvernements, dégager des consensus, mobiliser des ressources », a indiqué la présidente.