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Alors que le paludisme continue de faucher des vies et de peser lourdement sur le système sanitaire togolais, les autorités entendent faire de la lutte contre cette maladie une responsabilité collective. À Afagnan, dans la commune Bas-Mono 1, la célébration en différé de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le samedi 09 mai 2026, a servi de tribune à un message sans ambiguïté : sans engagement communautaire, aucune victoire durable ne sera possible.

Dans un pays où cette affection demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité, les chiffres interpellent. En 2025, plus de deux millions de cas ont été enregistrés, avec près d’un millier de décès recensés. Les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les plus exposés, représentant à eux seuls près d’un tiers des cas signalés et plus de la moitié des hospitalisations. Une réalité sanitaire préoccupante qui justifie la poursuite d’une riposte multisectorielle et permanente.

Transmise par la piqûre de moustiques infectés, la maladie prolifère particulièrement durant la saison pluvieuse, période propice à la multiplication des gîtes larvaires. Flaques d’eau stagnante, pneus abandonnés, récipients laissés à l’air libre ou encore caniveaux obstrués constituent autant de foyers favorisant la propagation des moustiques vecteurs.

C’est dans ce contexte que le Togo a célébré, en différé, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme autour du thème évocateur : « Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons. Maintenant nous devons ». Bien au-delà d’un slogan, ce thème se veut un appel pressant à l’action collective, soulignant que les efforts institutionnels, aussi ambitieux soient-ils, nécessitent impérativement l’adhésion active des populations.

À Afagnan, les manifestations ont été structurées en deux temps. Une phase officielle consacrée aux allocutions et aux échanges institutionnels a précédé une vaste opération d’assainissement du milieu, ponctuée d’activités de désherbage et de sensibilisation communautaire sur les mesures de prévention contre le paludisme.

Conscient de l’urgence de renforcer les comportements préventifs, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Tessi, a personnellement pris part aux activités d’assainissement organisées dans la localité. À travers cette démarche, les autorités ont voulu démontrer que la lutte contre le paludisme commence d’abord par un environnement sain.

« Entretenir nos milieux de vie, c’est-à-dire nos maisons, nos quartiers, nos structures de santé, nos lieux de travail, nos églises et nos mosquées, nos écoles, nos marchés, n’est pas seulement un devoir citoyen, c’est également une action concrète et efficace de lutte contre le paludisme », a déclaré le ministre, insistant sur l’importance de la responsabilité individuelle et collective dans l’élimination des facteurs de prolifération du moustique.

Le membre du gouvernement a également exhorté les populations à faire de l’assainissement une priorité durable. « À partir de la préfecture de Bas-Mono, nous souhaitons encourager toute la communauté nationale à s’engager activement dans l’assainissement de notre cadre de vie ; et nous sommes convaincus que Afagnan saura se distinguer comme un modèle en matière de mobilisation communautaire, dans la destruction des gîtes larvaires et l’assainissement de son milieu de vie », a-t-il souligné.

Même tonalité du côté de l’Organisation mondiale de la Santé. Pour le représentant de l’OMS au Togo, Hamadou Nouhou, l’implication des communautés demeure la pierre angulaire de toute stratégie efficace contre le paludisme. Si les autorités et leurs partenaires mettent à disposition des outils performants, leur efficacité repose essentiellement sur l’appropriation citoyenne.

« En matière d’assainissement de l’environnement, il est attendu que chaque ménage et chaque quartier s’investisse dans l’élimination des gîtes larvaires : vider régulièrement les eaux stagnantes, couvrir les récipients de stockage d’eau, entretenir les caniveaux et éviter l’accumulation de déchets qui favorisent la prolifération des moustiques », a-t-il expliqué.

À travers cette célébration, le Togo réaffirme ainsi une conviction essentielle : la bataille contre le paludisme ne se gagnera ni dans les seuls centres de santé ni par les seules politiques publiques, mais dans une alliance constante entre institutions, partenaires techniques et citoyens mobilisés autour d’un objectif commun : éradiquer durablement ce fléau sanitaire.

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