La restauration des terres et des forêts ne se gagnera pas uniquement à coups de plants mis en terre ou d’espaces dégradés réhabilités. Elle dépend aussi de la capacité à convaincre, expliquer et fédérer les populations autour d’un enjeu qui touche directement leur environnement et leurs moyens de subsistance. C’est tout le sens de l’initiative engagée par la FAO-Togo à Kpalimé, où des communicateurs de proximité sont appelés à devenir de véritables ambassadeurs de la restauration des paysages.
Lancée ce mardi 25 août 2026 à Kpalimé, à 120 km au nord-ouest de Lomé, une formation de quatre jours réunit notamment des professionnels des radios locales et d’autres acteurs de la communication de proximité. L’objectif est de renforcer leurs connaissances sur les enjeux de la restauration des paysages forestiers et de leur permettre de concevoir des contenus davantage adaptés aux réalités et aux préoccupations des communautés.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) à la mise en œuvre de l’Initiative africaine pour la restauration des forêts et des paysages, connue sous le sigle AFR100. Pour l’organisation, l’information et la sensibilisation constituent des leviers indispensables pour favoriser l’adhésion des populations aux différentes actions engagées sur le terrain.
Transformer l’information en mobilisation communautaire
Au-delà d’une simple mise à niveau des compétences journalistiques, la formation entend redéfinir la place des communicateurs dans la dynamique de restauration des paysages. Ceux-ci sont appelés à dépasser le rôle traditionnel de relais d’activités pour devenir des acteurs capables de vulgariser les bonnes pratiques, de valoriser les initiatives locales et de donner davantage de visibilité aux résultats obtenus par les producteurs et les communautés.
Pour Abalo Atakoura, coordonnateur du programme d’appui à l’AFR100 au Togo, cette dimension communicationnelle est déterminante pour amplifier la portée des actions menées dans les territoires.
« Les meilleures pratiques de restauration, les innovations locales, les succès réalisés sur le terrain et les opportunités offertes aux producteurs doivent être connus, compris et diffusés auprès des communautés », a-t-il souligné lors du lancement de la formation.
La stratégie consiste ainsi à rapprocher les enjeux de la restauration des préoccupations quotidiennes des populations. Une émission radiophonique peut expliquer concrètement les avantages d’une technique de restauration des terres. Un reportage peut présenter l’expérience d’un producteur ayant amélioré la fertilité de son exploitation. Un portrait peut mettre en lumière le parcours d’une jeune écoentrepreneure. Une émission interactive peut, quant à elle, permettre aux habitants d’interroger directement les spécialistes et de mieux cerner les opportunités qui s’offrent à eux.
L’ambition est donc claire : passer d’une communication essentiellement informative à une communication susceptible de susciter la compréhension, l’appropriation et, surtout, l’action.
L’AFR100 face au défi de la restauration des terres au Togo
Le Togo s’est engagé, dans le cadre de l’AFR100, à restaurer 1,4 million d’hectares de terres dégradées à l’horizon 2030. Un objectif qui ne pourra être atteint sans une implication effective des communautés directement concernées par la dégradation des ressources naturelles.
Dans les Plateaux-Ouest, notamment dans les préfectures d’Agou, Danyi, Kloto et Kpélé, les terres et les ressources naturelles sont soumises à diverses pressions. Ces territoires disposent toutefois d’importantes potentialités pour restaurer les paysages tout en développant des activités économiques compatibles avec la préservation de l’environnement.
C’est précisément à cette jonction entre restauration écologique, développement local et communication que la FAO entend positionner les communicateurs de proximité. Leur mission consiste notamment à rendre les enjeux plus intelligibles, à combattre les idées reçues, à mettre en avant les solutions endogènes et à montrer aux populations que la restauration des paysages peut également constituer une source d’opportunités économiques.
Les résultats déjà enregistrés dans le cadre du programme offrent d’ailleurs une matière importante à valoriser. En juillet 2026, 34 écoentreprises implantées dans les préfectures d’Agou, d’Amou, de Danyi, de Kloto et de Kpélé ont bénéficié d’un accompagnement dans le cadre du projet AFR100 Togo. Ces expériences peuvent désormais devenir des récits de terrain permettant d’illustrer, au-delà des discours, les effets concrets de la restauration sur les activités et les moyens de subsistance.
Vers un réseau de communicateurs engagés
La formation de Kpalimé devrait également favoriser l’émergence d’un réseau de communicateurs engagés dans la promotion de la restauration des paysages forestiers dans la région des Plateaux-Ouest.
Un tel réseau pourrait faciliter le partage d’expériences, la circulation des bonnes pratiques et une couverture plus régulière des initiatives conduites dans les différentes localités. Il offrirait également un cadre permettant aux professionnels des médias de mieux s’approprier les problématiques environnementales et de renforcer leur capacité à traiter ces questions au plus près des réalités locales.
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Pour la FAO, cette dynamique doit permettre d’établir une passerelle durable entre les initiatives de restauration, les producteurs et les populations. Car restaurer un paysage ne revient pas seulement à planter des arbres, à récupérer des terres dégradées ou à préserver les ressources forestières.
Il faut également faire comprendre aux communautés pourquoi la restauration est nécessaire, quelles pratiques peuvent être mises en œuvre et surtout quels bénéfices elles peuvent en retirer.
C’est dans cette perspective que la FAO-Togo veut faire des communicateurs de proximité non plus de simples relais des projets, mais des ambassadeurs capables de porter le message de la restauration des paysages au cœur des communautés et d’en favoriser l’appropriation durable.
Avec Vert-Togo