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mercredi, septembre 23, 2026 18:14
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L’Afrique ne peut plus se contenter de gérer les crises sanitaires au gré des urgences. Face aux épidémies, aux pénuries de ressources, aux bouleversements climatiques et aux inégalités persistantes, les pays africains sont appelés à repenser en profondeur leurs systèmes de santé. C’est tout l’enjeu de la 76ᵉ session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, ouverte à Addis-Abeba, où les ministres de la Santé des 47 États Membres de la Région se réunissent pour arrêter les priorités sanitaires des prochaines années.

Durant trois jours, responsables gouvernementaux, partenaires au développement et experts techniques vont examiner les progrès enregistrés, mais surtout s’attaquer aux défis qui continuent de fragiliser les systèmes de santé du continent. En tant qu’instance décisionnelle suprême de l’OMS dans la Région africaine, le Comité régional doit également adopter plusieurs orientations destinées à renforcer la capacité des pays à financer, organiser et piloter leurs politiques sanitaires.

À l’ouverture des travaux, le président de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, Taye Atske Selassie, a plaidé pour une coopération régionale renforcée et des investissements durables dans des systèmes de santé capables de résister aux crises. Pour le chef de l’État éthiopien, l’Afrique doit désormais rompre avec les logiques de dépendance et privilégier des réponses conçues et portées par les pays eux-mêmes.

« Le prochain chapitre de la santé en Afrique doit être défini par l’appropriation plutôt que la dépendance, l’intégration plutôt que la fragmentation, et l’action concrète plutôt que les paroles. Agissons non seulement par des déclarations, mais avec un engagement ferme et des actions mesurables », a-t-il déclaré.

Cette volonté d’autonomisation sanitaire intervient dans un contexte particulièrement contraignant. La Région africaine doit simultanément composer avec des ressources limitées, des disparités persistantes dans l’accès aux soins, l’essor rapide des technologies, les effets du changement climatique, les mutations démographiques et la multiplication des urgences sanitaires.

La ministre éthiopienne de la Santé, Dre Mekdes Daba, estime que ces transformations imposent de bâtir dès aujourd’hui des systèmes capables de répondre aux crises futures. Elle appelle ainsi à placer la solidarité, l’investissement stratégique et l’équité au cœur des politiques sanitaires africaines.

« Si nous agissons dans la solidarité, investissons avec un objectif clair et innovons en plaçant l’équité au centre, nous pouvons construire une Afrique en meilleure santé, plus résiliente, plus autonome et mieux préparée à façonner son avenir », a affirmé la ministre.

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Pour le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, cette session traduit précisément la volonté des États Membres de franchir un nouveau cap. Il défend une approche fondée sur l’action collective et sur des solutions élaborées et conduites par les pays africains eux-mêmes.

Le choix d’Addis-Abeba revêt, selon lui, une portée particulière. Capitale diplomatique du continent et siège de l’Union africaine, la ville constitue depuis des décennies un haut lieu de concertation entre dirigeants africains. « Les décisions que nous prendrons cette semaine façonneront les politiques, orienteront les investissements et influenceront les générations futures », a souligné le responsable de l’OMS, appelant les participants à conjuguer ambition, pragmatisme et obligation de résultats.

Le financement et les ressources humaines au cœur des débats

Parmi les dossiers majeurs soumis aux ministres figure la recherche d’un financement plus pérenne du secteur de la santé. La question est stratégique pour des pays confrontés à des besoins croissants et à des capacités financières souvent limitées.

Les ressources humaines constituent également un chantier prioritaire. Le programme de gestion des personnels de santé en Afrique 2026-2035 doit notamment aider les États à mieux former, employer et fidéliser les professionnels de santé. L’objectif est de répondre à l’un des principaux défis structurels du continent : disposer d’un personnel suffisamment nombreux, qualifié et durablement présent dans les systèmes nationaux.

La petite enfance figure également parmi les priorités. Une stratégie régionale doit être examinée afin de favoriser à chaque enfant le meilleur départ possible dans la vie, notamment grâce à un renforcement des investissements consacrés au développement de la petite enfance.

Prévenir les crises plutôt que les subir

La sécurité sanitaire occupe une place centrale dans les travaux. Les ministres doivent notamment examiner des propositions destinées à renforcer la réglementation des produits médicaux et à améliorer la préparation aux situations d’urgence.

La question revêt une importance particulière pour la Région africaine, qui connaît plus de situations d’urgence de santé publique que toute autre région du monde. Dans ce contexte, les participants examineront un cadre régional visant à renforcer les équipes médicales d’urgence nationales afin de permettre aux pays de réagir avec davantage de rapidité et d’efficacité face aux épidémies, aux catastrophes et aux autres crises sanitaires.

La situation en République démocratique du Congo renforce l’urgence de ces discussions, alors que le pays fait face à sa plus grande épidémie de maladie à virus Ebola, selon les informations présentées dans le cadre de la session.

La lutte contre la poliomyélite fera également l’objet d’une attention particulière. Un cadre doit permettre de préserver les acquis obtenus au prix de plusieurs décennies d’efforts d’éradication, notamment en maintenant les dispositifs de surveillance, les laboratoires, les compétences spécialisées et les capacités d’intervention rapide.

Les données et le numérique comme nouveaux leviers

Autre axe stratégique : l’exploitation de données sanitaires plus fiables et plus pertinentes. Le Comité régional doit examiner les moyens de renforcer l’utilisation des données afin d’améliorer la détection précoce des menaces sanitaires, de mieux orienter les ressources et de rendre les décisions publiques plus éclairées.

Un nouveau Centre régional de données sanitaires a notamment été développé pour accompagner les pays dans cette transformation. L’ambition est de faire de la donnée un véritable instrument d’anticipation et de pilotage des politiques de santé.

À plus long terme, les ministres examineront également le cadre stratégique « Une nouvelle ère pour la santé en Afrique : une action concertée en faveur de la Vision 2035 ». Cette feuille de route doit accompagner une transformation du secteur sanitaire portée par les pays africains, en s’appuyant notamment sur des soins de santé primaires renforcés, des systèmes résilients, un financement durable, la transformation numérique et une appropriation accrue des politiques sanitaires.

Au terme des trois jours de travaux, les décisions et résolutions adoptées devraient peser sur les politiques nationales de santé, la coopération régionale et l’appui apporté par l’OMS aux États Membres. Au-delà des déclarations de principe, l’enjeu est désormais de traduire ces orientations en investissements, en capacités opérationnelles et en résultats tangibles pour les populations africaines.

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