La préservation de l’environnement face aux risques nucléaires et radiologiques s’impose désormais comme une priorité stratégique pour le Togo. Conscient des conséquences potentiellement irréversibles que peuvent engendrer une mauvaise gestion des déchets radioactifs ou un accident nucléaire sur les écosystèmes, la santé publique et les activités économiques, le pays vient de franchir une étape décisive dans le renforcement de son arsenal juridique.
Réunis en séance plénière le 9 juin 2026, les députés ont adopté quatre projets de loi visant à consolider le cadre national de sûreté nucléaire et radiologique. Cette décision traduit la volonté des autorités togolaises d’anticiper les risques environnementaux liés à l’utilisation des substances radioactives et de garantir une gestion rigoureuse des déchets issus de ces activités.
Parmi les textes approuvés figurent notamment l’adhésion à la Convention sur la sûreté nucléaire ainsi qu’à la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs. Ces instruments internationaux établissent des normes strictes destinées à prévenir toute contamination susceptible d’affecter les sols, les ressources en eau, la biodiversité ou les populations.
Au-delà de l’aspect réglementaire, ces adhésions permettront au Togo de renforcer ses capacités de surveillance, de contrôle et d’intervention en cas d’incident radiologique. Elles favoriseront également l’accès aux mécanismes internationaux de coopération, d’assistance technique et d’échange d’expertise en matière de protection environnementale.
Le président du groupe parlementaire majoritaire UNIR, l’honorable Aklesso Atcholi, a rappelé que les avantages du nucléaire ne peuvent être dissociés d’exigences élevées en matière de sécurité. « Le nucléaire est une énergie d’avenir, utile dans plusieurs secteurs, notamment la production d’électricité, la santé, l’industrialisation, l’agriculture, l’élevage, ainsi que le renforcement de l’indépendance énergétique et de la souveraineté. À travers ces projets de loi, des garanties supplémentaires sont apportées pour mieux prévenir les risques liés à ces secteurs », a-t-il déclaré.
Pour le gouvernement, cette démarche reflète une vision responsable du développement technologique. « Ces projets de loi traduisent une démarche cohérente : nous ne faisons pas que choisir une énergie d’avenir ; nous choisissons le plus haut standard de sécurité qui l’accompagne. Ratifier ces textes, c’est envoyer un signal fort à la communauté internationale : le Togo est un État moderne, responsable et rigoureux », a affirmé Robert Koffi Messan Eklo, ministre délégué chargé de l’Énergie.
Le président de l’Assemblée nationale, S.E. Prof. Komi Selom Klassou, a pour sa part insisté sur l’importance de la solidarité internationale dans la prévention des catastrophes nucléaires. « Instruit par l’histoire tragique de la catastrophe de Tchernobyl, le Togo est convaincu que face à des risques d’une telle ampleur, aucun État ne peut agir seul, et que la solidarité internationale est la réponse la plus efficace et la plus humaine », a-t-il souligné.
Le Togo à travers ces réformes, affirme ainsi sa volonté de conjuguer progrès technologique, sécurité environnementale et protection des générations futures. Une orientation qui vise à réduire durablement les risques liés aux déchets radioactifs, à renforcer la résilience nationale face aux urgences radiologiques et à préserver les ressources naturelles contre toute menace de contamination.