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Alors que la décentralisation poursuit son enracinement dans le paysage institutionnel togolais, la question des limites territoriales entre communes s’impose désormais comme l’un des défis majeurs de la gouvernance locale. Entre rivalités foncières, contestations administratives et tensions communautaires latentes, les imprécisions frontalières constituent un frein au développement harmonieux des collectivités. Déterminé à prévenir toute escalade de ces différends, le gouvernement vient de franchir une étape décisive en mettant en place un Comité national chargé de la délimitation des espaces communaux.

Créé sous l’autorité du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, ce nouvel organe aura pour mission d’examiner les litiges liés aux frontières communales et de proposer à l’exécutif des solutions fondées sur des critères techniques rigoureux, des données fiables et des analyses impartiales.

L’ambition affichée est de doter l’État d’outils d’arbitrage incontestables, capables de garantir des décisions objectives, durables et acceptées par l’ensemble des parties concernées. Une démarche qui vise à désamorcer les tensions récurrentes et à instaurer un climat de confiance entre les collectivités territoriales.

Présidant la première session de travail du Comité à Lomé, le directeur de cabinet du ministère de l’Administration territoriale et président de l’instance, Robert Baoubadi Bakaï, a souligné la nécessité d’agir avec méthode et anticipation.

« Les communes sont composées de cantons, mais les limites ne sont pas toujours matérialisées sur le terrain. Cette situation engendre des conflits qu’il convient d’anticiper et de résoudre », a-t-il expliqué.

Un enjeu foncier, fiscal et sécuritaire de premier ordre

Les travaux, officiellement lancés par le ministre Hodabalo Awaté, s’articulent autour de l’élaboration et de la validation d’une feuille de route opérationnelle destinée à encadrer le processus de délimitation.

Au-delà du simple exercice cartographique, cette initiative répond à des préoccupations économiques, sociales et sécuritaires majeures. Depuis l’instauration de la communalisation intégrale, l’absence de démarcations précises alimente de nombreuses incompréhensions entre collectivités. Les différends portent notamment sur la gestion du foncier, l’appartenance administrative de certaines localités, ainsi que l’exploitation d’infrastructures situées dans des zones aux contours mal définis.

Cette situation affecte également les finances locales. Plusieurs municipalités éprouvent des difficultés à exercer pleinement leurs prérogatives fiscales, faute de connaître avec exactitude l’étendue de leur ressort territorial. Il en résulte des pertes de recettes et des chevauchements de compétences qui fragilisent l’efficacité de l’action publique locale.

Mais l’enjeu dépasse largement les considérations administratives et économiques. Pour le gouvernement, la clarification des frontières communales participe également au renforcement de la stabilité nationale dans un contexte régional marqué par la montée des menaces sécuritaires.

Le ministre Hodabalo Awaté a ainsi rappelé que les conflits locaux, même mineurs en apparence, peuvent constituer un terreau favorable aux entreprises de déstabilisation.

« La menace terroriste et l’extrémisme violent doivent être pris avec sérieux, car ces groupes exploitent souvent les petits conflits pour s’infiltrer dans les communautés », a-t-il averti.

Face à cette réalité, les membres du Comité ont été appelés à faire preuve d’une rigueur exemplaire, d’une objectivité irréprochable et d’un professionnalisme sans faille dans l’examen des différents dossiers qui leur seront soumis.

Consolider la décentralisation par une gouvernance territoriale apaisée

Pour rappel, le Togo compte aujourd’hui 117 communes réparties sur l’ensemble du territoire national, fruit d’un processus de décentralisation qui a profondément transformé l’organisation administrative du pays.

Les autorités à travers la mise en place de ce Comité national, entendent faire des frontières communales non plus des lignes de fracture, mais des repères de gouvernance favorisant la paix sociale, la coopération intercommunale et le développement local. Une ambition qui traduit la volonté de bâtir une décentralisation plus cohérente, fondée sur la sécurité juridique des territoires et la préservation durable de la cohésion nationale.Cette version adopte un ton plus institutionnel et analytique, proche des grands formats de presse politique et administrative.

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