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Face à l’augmentation continue des déchets produits dans les centres urbains, les infrastructures de traitement existantes montrent progressivement leurs limites. Au Togo, la nécessité d’anticiper les besoins futurs en matière de salubrité publique devient une urgence stratégique. C’est dans ce contexte que l’Agence Nationale de la Salubrité Publique (ANASAP) a lancé un appel en faveur de solutions capables de réduire la pression exercée sur le Centre d’Enfouissement Technique d’Aképé, aujourd’hui au cœur du dispositif national de traitement des déchets.

La question a été largement débattue samedi dernier lors du dîner de partenariat public-privé organisé par Mon Carnet Pro autour du projet HÉÉ. Représentant le Directeur des études de l’ANASAP, Tamakloe Efui Koffi, Directeur de la communication de l’institution, a dressé un tableau sans détour des défis auxquels reste confronté le secteur.

Selon lui, la problématique des infrastructures constitue l’un des enjeux les plus préoccupants. Si le site d’Aképé joue un rôle déterminant dans la gestion des déchets à l’échelle nationale, la croissance démographique et l’expansion urbaine imposent désormais une réflexion approfondie sur la création de nouvelles capacités de traitement. « Il faut réfléchir à une autre décharge pour soulager Aképé », a-t-il déclaré, soulignant l’impératif d’anticiper les besoins futurs afin d’éviter une saturation progressive du site.

Au-delà de cette question, le représentant de l’ANASAP a également attiré l’attention sur les difficultés foncières qui compliquent la gestion des déchets. Avec l’extension des zones d’habitation, certains dépotoirs se retrouvent aujourd’hui à proximité immédiate des populations, générant des nuisances environnementales et sanitaires. Cette réalité appelle, selon lui, à une meilleure planification de l’implantation des infrastructures dédiées à l’assainissement.

La chaîne de pré-collecte demeure par ailleurs un autre maillon fragile du système. Dans plusieurs quartiers, les ménages doivent composer avec des retards récurrents dans l’enlèvement des ordures ménagères. Cette irrégularité favorise l’accumulation des déchets dans les concessions et les espaces publics, avec pour conséquence une dégradation du cadre de vie et une recrudescence des risques liés à l’insalubrité.

Pour relever ces défis, Tamakloe Efui Koffi a plaidé pour un renforcement de la gouvernance du secteur et une meilleure coordination entre les communes, les opérateurs privés et les pouvoirs publics. L’objectif est de garantir aux citoyens des prestations plus régulières, plus efficaces et mieux adaptées aux exigences d’une urbanisation en pleine mutation.

À travers cette intervention, l’ANASAP a rappelé que la réussite de la politique nationale de salubrité repose sur une mobilisation collective. État, collectivités territoriales, secteur privé et populations sont appelés à conjuguer leurs efforts pour bâtir un système de gestion des déchets plus performant et durable. Une vision qui rejoint les ambitions du projet HÉÉ, porté par Mon Carnet Pro, dont l’objectif est de promouvoir des solutions innovantes et collaboratives au service du développement durable et de la préservation du cadre de vie.

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