Sur la route de Djagble (17 km de Lomé), le fleuve Zio révèle un visage préoccupant. Selon les constats effectués par le média « Lead Elles », qui a effectué une descente sur les berges, le cours d’eau naturel est fortement exposé à des pratiques de pollution persistantes. Ordures ménagères, eaux usées et déchets toxiques y sont régulièrement déversés par certains riverains, malgré les multiples bénéfices que ce fleuve pourrait offrir à la communauté.
Sur place, le constat est sans équivoque. Lion d’être préservé, le fleuve est progressivement transformé en dépotoir à ciel ouvert. Une situation qui appelle à une prise de conscience urgente. Car polluer un tel écosystème revient d’abord à fragiliser sa biodiversité. Les déchets et substances nocives détruisent les habitats aquatiques, entraînant la disparition progressive de plusieurs espèces et déséquilibrant l’ensemble de l’écosystème.
Au-delà de l’environnement, les risques sanitaires sont bien réels. L’usage d’une eau contaminée ou la proximité prolongée avec un fleuve pollué expose les populations à de graves maladies hydriques, notamment le Choléra et la Typhoïde, sans oublier d’autres infections cutanées ou intoxications liées aux agents chimiques.

Sur le plan économique, cette dégradation constitue également une perte silencieuse. La pêche devient moins productive, les activités agricoles sont fragilisées et les coûts liés au traitement de l’eau augmentent considérablement. À long terme, c’est toute une chaîne de subsistance qui se retrouve menacée pour les populations riveraines.
Enfin, l’impact environnemental global est visible : eaux stagnantes, odeurs nauséabondes et propagation de la pollution vers d’autres milieux aquatiques. Face à cette réalité, les autorités comme les populations sont appelées à renforcer les comportements responsables. Le fleuve Zio n’est pas un dépotoir, mais une ressource vitale à préserver pour les générations futures.
Pour rappel, le fleuve Zio est un cours d’eau majeur du sud du Togo. long d’environ 175 km, il prend sa source dans la chaîne de l’Atacora (Région des Plateaux) pour venir se jeter dans la lagune du Lac Togo. il draine un bassin versant de près de 2 900 Km2 et traverse la capitale, Lomé, avant son embouchure.