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Comment mettre fin aux lenteurs administratives, aux doublons et aux ruptures dans le parcours médical des assurés ? Au Togo, les autorités sanitaires accélèrent la transformation numérique du système de santé avec un chantier stratégique : la mise en place du Système d’Information Intégré de Gestion de l’Assurance Maladie Universelle (SIIG-AMU). Du 04 au 07 mai dernier, les principaux acteurs du secteur se sont réunis afin de bâtir un mécanisme capable de fluidifier, sécuriser et harmoniser la prise en charge des patients sur l’ensemble du territoire.

À travers cette initiative, le pays ambitionne de faire évoluer l’Assurance Maladie Universelle vers un modèle plus performant, où les données médicales, administratives et financières circulent de manière cohérente entre les différents intervenants. Désormais, établissements hospitaliers, pharmacies, organismes assureurs – notamment la CNSS, l’INAM et la CAT – ainsi que les institutions de régulation sont appelés à fonctionner au sein d’un environnement numérique intégré et interconnecté.

Sous l’égide du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, avec l’appui technique de la GIZ et de la Banque mondiale, cet atelier stratégique a permis de poser les fondements d’une réforme d’envergure. L’enjeu principal consiste à favoriser une communication efficace entre les différents systèmes informatiques déjà existants, sans bouleverser leur fonctionnement.

À cet effet, le ministre Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi a tenu à clarifier l’orientation de cette transformation numérique. Selon lui, « le SIIG-AMU n’a pas vocation à se substituer aux systèmes existants, mais à leur offrir les moyens de mieux interagir au service d’un objectif commun », a-t-il expliqué. Une approche qui privilégie ainsi une architecture dite fédérée, destinée à renforcer les synergies plutôt qu’à imposer un système unique.

Les retombées attendues de cette intégration apparaissent considérables. En premier lieu, elle devrait garantir une continuité optimale des soins, en assurant un suivi sans interruption du patient entre les différents prestataires. Ensuite, la réforme promet une traçabilité renforcée des prestations médicales et des remboursements, permettant un contrôle plus rigoureux des opérations. Elle vise également une meilleure maîtrise des flux financiers administratifs afin de réduire significativement les fraudes, les irrégularités et les erreurs de gestion. Enfin, l’instauration d’une identification unique du patient devrait faciliter l’accès aux droits et simplifier les procédures de prise en charge.

Afin d’alimenter les réflexions, plusieurs expériences africaines ont été mises à contribution durant les échanges. Les exemples du Rwanda, de la Côte d’Ivoire et du Cameroun ont notamment servi de références pour mieux comprendre la structuration des parcours de soins digitalisés, l’analyse des mécanismes financiers complexes ainsi que les modèles de gouvernance numérique appliqués aux systèmes de santé.

Cependant, une telle mutation ne peut prospérer sans garde-fous solides. Les discussions ont donc mis l’accent sur les impératifs liés à la gouvernance et à la cybersécurité. L’Agence Nationale de Cybersécurité devra notamment veiller à la protection des données sensibles des patients, tandis que des standards communs d’échange d’informations seront instaurés pour garantir l’interopérabilité technique entre les CHU, la CAMEG et les assureurs privés. En parallèle, un cadre de gouvernance structuré devra coordonner efficacement cette transition numérique.

Cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation du système sanitaire togolais. Représentant l’ambassade d’Allemagne, Barbara Steinbrinker a salué les avancées déjà enregistrées, notamment au sein de la CNSS et de l’INAM, tout en mettant en lumière les efforts engagés pour construire un système de santé davantage intégré, efficace et adapté aux exigences du numérique.

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