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samedi, novembre 7, 2026 03:46
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Dans un monde économique en mutation rapide où le digital redessine les règles du jeu entrepreneurial, l’Association des Femmes Cheffes d’Entreprise du Togo (AFCET) a marqué une halte stratégique. Le 16 juin 2026, elle a célébré son 25e anniversaire à travers une conférence-débat d’envergure autour d’un thème central : « Les entreprises féminines à l’ère du numérique et du digital ». Une rencontre dense, rassemblant entrepreneures, expertes du numérique, responsables institutionnels et partenaires techniques, tous réunis pour interroger l’avenir des entreprises dirigées par des femmes face aux défis de la transformation digitale.

Au cœur des échanges, une préoccupation majeure s’est imposée : comment renforcer la compétitivité des entreprises féminines dans un environnement où la maîtrise des outils numériques devient un levier décisif de survie et de croissance. Pendant plusieurs heures de discussions, les participantes ont exploré les voies possibles d’une adaptation efficace à cette nouvelle donne économique mondiale.

Lire l’article : Cybersécurité au Togo : l’ANCy outille les médias à Kpalimé

Pour la présidente de l’AFCET, Annie Gonçalves Gbadoè, ce jubilé d’argent dépasse le simple cadre commémoratif. Il s’agit plutôt d’un tournant stratégique pour l’organisation, appelée à se réinventer. «Vingt-cinq ans, c’est beaucoup et c’est peu à la fois dans la vie d’une organisation. Cette conférence doit susciter un nouvel élan auprès des femmes entrepreneures et les encourager à s’approprier davantage les outils du numérique », a-t-elle indiqué. Dans cette dynamique, elle a annoncé une série d’initiatives futures, notamment des séminaires, des ateliers de sensibilisation et des actions de proximité destinées à renforcer les capacités des femmes, en particulier celles des zones rurales, tout en élargissant l’implantation de l’association à l’intérieur du pays.

Replacée au centre des débats, la notion même de transformation digitale a fait l’objet d’un éclairage approfondi. Une distinction essentielle a été apportée par Médissa Sama, présidente de la Confédération des Jeunes Entreprises et Start-up du Togo et panéliste. Selon elle, l’usage d’outils numériques ne saurait être confondu avec une véritable digitalisation de l’entreprise. Elle tranche avec clarté : « Utiliser des outils numériques n’est pas digitaliser son entreprise. La digitalisation consiste à repenser l’organisation de l’entreprise, à connecter les informations, les processus et les services pour gagner en efficacité et en compétitivité », a-t-elle expliqué.

Dans un contexte marqué par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, elle estime que de nouvelles opportunités s’ouvrent aux entrepreneures africaines. Celles-ci peuvent désormais accéder à des marchés internationaux, automatiser certaines fonctions et améliorer la gestion de leurs activités, indépendamment des barrières linguistiques ou du niveau de formation. « Grâce à l’intelligence artificielle, une femme entrepreneure peut aujourd’hui vendre à l’international, automatiser son service client et mieux gérer son activité. La digitalisation n’est plus un luxe, mais une nécessité », a-t-elle souligné.

Toutefois, cette transition technologique ne peut être pleinement effective sans un accompagnement financier adapté. L’experte a rappelé que la transformation numérique d’une entreprise requiert généralement des investissements estimés entre 500 000 et 2 millions de francs CFA, appelant ainsi les institutions financières à intégrer davantage les critères digitaux dans l’analyse des projets entrepreneuriaux.

Au-delà des considérations techniques et économiques, cette conférence a surtout mis en lumière la place stratégique des femmes dans le tissu économique togolais, ainsi que l’urgence de leur fournir des outils adaptés pour évoluer dans un univers de plus en plus numérisé.

Les célébrations du jubilé d’argent de l’AFCET se poursuivront avec une soirée de gala prévue samedi prochain. Au programme, des distinctions honorifiques seront décernées aux anciennes présidentes de l’association et à plusieurs femmes ayant contribué à son rayonnement depuis un quart de siècle.

Ainsi, après 25 ans d’existence, l’AFCET ouvre résolument un nouveau chapitre, placé sous le signe de l’innovation, de la formation et de la transformation digitale au service de l’entrepreneuriat féminin togolais.

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