Les travaux du premier Symposium de l’assurance santé en Afrique se sont achevés le jeudi 5 novembre 2026 à Lomé. Co-organisé par l’Association Professionnelle des Sociétés d’Assurance du Togo (APSAT) et la Fédération Francophone des Sociétés d’Assurance de Droit National Africaines (FANAF), l’évènement a débouché sur une série de résolutions majeures pour garantir la pérennité financière et l’inclusivité de la couverture santé sur le continent.
Placé sous le thème : «Bâtir un écosystème de l’assurance santé viable, inclusif et durable en Afrique», cette rencontre de haut niveau a réuni pendant deux jours divers acteurs de la santé et de la prévoyance sociale.
Les résolutions phares : Digitalisation et régulation
Face au déficit technique persistant qui frappe la branche santé dans l’espace CIMA, les participants ont adopté une feuille de route rigoureuse s’articulant autour de quatre axes majeurs : L’implémentation du Tiers-Payant digitalisé pour automatiser les flux, accélérer les remboursements et éradiquer la fraude documentaire; La tarification scientifique du risque, rompant avec le dumping commercial pour indexer les primes sur la réalité des coûts médicaux; L’encadrement strict des réseaux de soins à travers des conventions standardisées avec les prestataires médicaux (cliniques, pharmacies); La création de passerelles public-privé pour connecter les assureurs commerciaux aux organismes de prévoyance publique (CNSS, INAM), garantissant une réduction effective du reste à charge pour les ménages.

L’alerte « L’assurance santé qui perd de l’argent ne peut pas protéger longtemps » de la FANAF
Pour y remédier, Mamadou Koné, président de la FANAF, a plaidé pour une adaptation des tarifs aux risques, un meilleur contrôle des prestations et le recours au digital, tout en annonçant une feuille de route 2027-2030 pour redresser l’équilibre technique du secteur.
La digitalisation et la synergie public-privé comme piliers
Le Directeur national des Assurances (DNA) du Togo, Max Assignon, représentant du ministre de la Santé a, réaffirmé l’engagement du pays pour une couverture universelle, misant sur la modernisation et la qualité des soins. La digitalisation à travers le dossier médical électronique, la télémédecine et l’identifiant unique du patient a été identifiée comme un levier central pour rationaliser les dépenses.
L’évènement s’est conclu sur l’impératif d’une synergie renforcée entre acteurs privés, CNSS et INAM pour réduire le reste à charge des ménages africains, s’inscrivant dans la continuité des initiatives continentales pour l’inclusion assurantielle.
Moulikatou S.