Dans le prolongement de la dynamique insufflée lors du 12e Forum des marchés à Lomé, la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) posera ses valises au Rwanda. Du 15 au 17 février 2027, la capitale rwandaise accueillera la 51e édition de sa grande Assemblée Générale annuelle, l’annonce a été faite mardi à Lomé.
Ce rendez-vous majeur placera la transformation numérique et l’intelligence artificielle au cœur des débats pour redéfinir l’avenir du secteur sur le continent.
Kigali, nouveau hub de l’innovation assurantielle
Après avoir réuni le marché continental au Togo en novembre pour débattre de la rigueur de la règle du « pas de prime, pas de garantie », la FANAF s’oriente vers un autre pôle d’attraction économique : le Rwanda.
Pour les organisateurs, le choix de Kigali n’est pas fortuit. Reconnue pour sa gouvernance moderne et sa transition digitale fulgurante, la capitale rwandaise offre le cadre idéal pour la première grande messe continentale organisée sous la présidence de Mamadou Koné, élu à la tête de la fédération.
Lire aussi : Symposium de Lomé : Le ministre Jean-Marie Tessi érige le modèle togolais en pilier de l’assurance santé en Afrique
Pendant trois jours, des centaines de dirigeants de compagnies d’assurances, de réassureurs, de courtiers et de régulateurs venus de plus de vingt pays d’Afrique francophone et d’ailleurs se rassembleront pour tracer la nouvelle feuille de route de l’industrie.
« Après le succès d’étape que nous avons connu à Lomé sur la discipline des marchés, Kigali représente le saut technologique dont notre secteur a urgemment besoin », explique Mamadou Koné, président de la FANAF. « Nous ne venons pas au Rwanda uniquement pour dresser des bilans comptables, mais pour engager une transformation culturelle majeure de nos entreprises face au défi du numérique », a-t-il ajouté.
L’Intelligence Artificielle au cœur de l’ambition panafricaine
Le thème retenu pour cette 51e édition pose les bases d’une véritable révolution, « L’assurance africaine à l’ère de l’intelligence artificielle : rattraper, innover, dépasser ».
Alors que le taux de pénétration de l’assurance reste historiquement faible en Afrique, gravitant autour de 1% du PIB hors Afrique du Sud, l’intégration des nouvelles technologies s’impose comme la clé de voûte de l’inclusion financière. Les discussions de Kigali s’articuleront autour de l’utilisation de l’IA pour automatiser la gestion des sinistres, affiner la tarification des risques et accélérer la numérisation des offres. L’ambition du FANAF est de moderniser les parcours clients grâce au mobile money et aux InsurTech afin de toucher le vaste secteur informel et les populations rurales.

Un relai stratégique pour le Pacte de la FANAF
Cette assemblée générale constituera également une étape de validation cruciale pour le déploiement du « Pacte de la FANAF 2026-2030 ». Ce programme de modernisation vise notamment à instaurer une garantie de remboursement des sinistres en moins de 72 heures pour les produits inclusifs, une promesse de confiance qui ne pourra être tenue sans les outils technologiques qui seront débattus au Rwanda.
Le président de la fédération se veut d’ailleurs très ferme sur l’enjeu des délais : « Le client africain veut de la transparence et de la rapidité. Si l’Intelligence Artificielle nous permet de diviser par dix le temps de traitement d’un dossier de sinistre automobile ou santé, nous aurons gagné la bataille de la confiance. C’est cela, le véritable objectif de Kigali », a conclut Mamadou Koné.
Moulikatou S.
[…] Lire aussi : Après Lomé, le secteur de l’assurance africaine met le cap sur Kigali pour la 51e Assemblée Gé… […]