Sur environ 1 300 établissements privés de santé recensés au Togo, seuls 359 disposeraient d’un agrément. Face à l’ampleur du phénomène, l’Ordre national des médecins du Togo (ONMT) veut intensifier les contrôles, renforcer la coopération avec les autorités publiques et mieux protéger les patients contre les risques liés aux soins dans des structures non autorisées.
Se faire soigner dans un centre de santé ne devrait jamais exposer à des risques supplémentaires faute de garanties réglementaires. Pourtant, au Togo, près de 1 000 établissements privés de soins exerceraient sans agrément, selon les données présentées par le Dr Sama-Tchindo Marius, consultant auprès de l’Ordre national des médecins du Togo (ONMT). Ce constat, révélé lors de l’assemblée générale extraordinaire de l’organisation, le samedi 17 octobre 2026, soulève de sérieuses interrogations sur le contrôle des structures sanitaires et la sécurité des patients.
Sur quelque 1 300 établissements privés recensés, seuls 359 disposeraient ainsi de l’autorisation requise. Un écart considérable qui met en évidence les difficultés d’application de la réglementation sanitaire et la nécessité d’assainir un secteur où les patients ne disposent pas toujours des moyens de vérifier la conformité des structures auxquelles ils confient leur santé.
Trois priorités pour assainir les structures sanitaires
Face à cette situation, l’ONMT entend renforcer la lutte contre l’exercice illégal des professions médicales. La stratégie présentée par le Dr Sama-Tchindo Marius repose sur trois axes complémentaires : consolider la gouvernance et l’application des textes réglementaires, combattre les activités sanitaires illégales tout en accompagnant les structures susceptibles d’être régularisées, puis sensibiliser les populations aux dangers des soins dispensés dans des établissements non agréés.
L’approche ne se limite donc pas à multiplier les contrôles. Elle vise également à responsabiliser les professionnels, à faciliter la mise en conformité des structures qui remplissent les conditions nécessaires et à mieux informer les usagers sur les établissements autorisés. Pour les patients, l’enjeu est majeur : pouvoir identifier les centres légalement habilités à exercer constitue une première garantie, même si l’agrément ne suffit pas, à lui seul, à certifier la qualité de toutes les prestations médicales.
La mise en œuvre de cette stratégie reste toutefois tributaire de plusieurs contraintes institutionnelles. Certaines dispositions du Code de la santé publique attendent encore les textes réglementaires nécessaires à leur application effective. Le fonctionnement des mécanismes de contrôle, notamment celui de l’Inspection générale des services de santé, constitue également un levier essentiel pour renforcer la surveillance des établissements sanitaires.
Des contrôles conjoints avec les autorités publiques
Pour donner davantage de portée à son action, l’ONMT prévoit la création d’un cadre permanent de concertation avec les ministères chargés de la Santé, de la Sécurité et de la Justice. Des opérations de contrôle conjointes sont également envisagées afin de mieux coordonner les interventions et de lutter plus efficacement contre les pratiques illégales.
Cette coopération doit notamment permettre de distinguer les établissements susceptibles de régulariser leur situation de ceux qui ne remplissent pas les conditions exigées pour exercer. L’objectif est de faire respecter les normes sanitaires sans perdre de vue la nécessité d’améliorer durablement l’offre de soins.
La réussite de cette démarche dépendra néanmoins de la capacité des institutions concernées à transformer les orientations annoncées en mesures concrètes, régulières et suivies d’effets. Au-delà de l’identification des centres en infraction, l’application effective des règles et la protection des usagers demeurent les principaux enjeux.
Un centre d’écoute pour les patients
La lutte contre les structures non agréées s’inscrit dans un programme plus vaste de renforcement de la qualité des soins. Au cours de son assemblée générale extraordinaire, l’ONMT a également validé son deuxième plan stratégique, qui doit orienter ses interventions au cours des cinq prochaines années.
Parmi les initiatives annoncées figure la création, au siège de l’Ordre, d’un centre d’écoute médical financé par l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS). Cette structure permettra aux patients de signaler les difficultés rencontrées au cours de leur prise en charge, notamment les insuffisances dans la qualité des prestations et les comportements inappropriés de certains professionnels.
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Une salle de médiation est également prévue pour favoriser, lorsque les circonstances le permettent, le règlement amiable des différends entre médecins et patients. À travers ces dispositifs, l’Ordre entend offrir aux usagers un espace d’expression et contribuer à préserver la confiance entre les professionnels de santé et les personnes soignées.
Des mesures contre les faux certificats médicaux
L’ONMT s’intéresse par ailleurs à la fiabilité des documents médicaux. L’élaboration d’un guide consacré aux certificats médicaux a ainsi été évoquée, avec pour objectif de mieux encadrer leur délivrance et de contribuer à la lutte contre les faux documents.
Le dispositif envisagé prévoit notamment l’utilisation de vignettes destinées à faciliter l’authentification des certificats délivrés par les professionnels habilités. Cette mesure vise à renforcer la traçabilité de ces documents et à limiter les risques de falsification. Entre lutte contre l’exercice illégal, renforcement des contrôles, écoute des patients et sécurisation des certificats médicaux, l’ONMT affiche ainsi plusieurs ambitions convergentes. Reste désormais à traduire ces orientations en résultats tangibles, dans un contexte où la régularisation des structures sanitaires et la protection des patients constituent des défis majeurs pour le système de santé
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