Encourager les jeunes filles à chercher l’excellence à l’école est le crédo du gouvernement togolais. Depuis des années, des initiatives publiques se multiplient pour briser les barrières socio-économiques et cultiver le mérite au féminin. Celles-ci à travers le Projet de l’excellence académique, du leadership et de l’employabilité de la fille togolaise, érigé sous l’impulsion du Président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé.
Célébration et récompense du mérite académique
Pour ancrer cette culture de la performance, l’État valorise directement les meilleures élèves à chaque étape de leur parcours. Chaque année, les meilleures filles au Baccalauréat, deuxième partie, (BAC 2) de toutes les régions éducatives du Togo reçoivent une attention particulière. Pour l’année 2026, 60 bachelières d’exception ont reçu des ordinateurs portables et des attestations de mérite, un geste symbolique, mais aussi un outil concret pour poursuivre des études supérieures dans de meilleures conditions. La cérémonie de récompense organisée sous l’égide du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance s’est déroulée le 18 septembre 2026 à Lomé, en présence de ministres, autorités administratives, représentants du système des Nations Unies et de Plan International Togo. L’ambition est de faire de l’éducation des filles, un instrument d’autonomisation et d’égalité entre les sexes.
Le ministre des solidarités, Martine Moni Sankaredja, a transmis aux lauréates, les félicitations du Président du Conseil des ministres et de la nation toute entière. Elle les a invitées à « maintenir le cap de l’excellence » sans se laisser distraire. Un appel à la lucidité a accompagné les encouragements : utiliser les outils technologiques à bon escient, « pour ne pas se détruire et compromettre son avenir ». Elle a invité les bénéficiaires à s’appuyer sur leurs parents et les services techniques de l’État pour orienter leurs choix.

Le bilan confirme une avancée réelle
Selon les données de l’annuaire national des statistiques de l’éducation citées par le ministre Sankaredja, le taux de réussite des filles au baccalauréat deuxième partie, série D, est passé de 67,87 % en 2021-2022, alors inférieur à celui des garçons, à 77 % en 2023-2024, devançant désormais leurs homologues masculins (75,6 %).
Dans l’enseignement technique et professionnel, la progression est tout aussi notable : la part des filles en série F1 est passée de 2,58 % en 2020 à 7,3 % en 2024.
Mais, l’insuffisance est relevée toutefois. Si la parité est acquise dans le primaire, les écarts se creusent dans les cycles supérieurs et, surtout, dans le choix des filières. Les données 2024-2025 de l’enseignement technique et professionnel le montrent sans ambiguïté : les filles représentent 58,5 % des effectifs en série G2, contre seulement 8 % en série F3. Les filières scientifiques et techniques de pointe demeurent, dans les faits, largement désertées par les jeunes filles.
Nivellement des chances : l’accès et le maintien
Selon les autorités en charge de l’éducation au Togo, l’excellence ne peut émerger sans des conditions de scolarisation décentes. Ainsi, le dispositif d’accompagnement repose sur des mesures structurelles fortes notamment, l’intensification de la campagne de distribution gratuite de kits scolaires aux filles issues de milieux vulnérables, la gratuité des frais de scolarité dans le public et la suppression des frais d’inscription aux examens nationaux garantissent aux filles brillantes, une scolarité ininterrompue jusqu’à l’enseignement supérieur. Également, pour la sécurité des filles en milieu scolaire, l’Etat avec le soutien l’UNICEF, a mis en œuvre le projet Safe to Learn pour lutter contre les violences basées sur le genre (VBG) et offrir un environnement protecteur propice aux études.
Pour rappel, le projet est instauré en 2017 avec l’appui constant des partenaires techniques et financiers.