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vendredi, novembre 6, 2026 23:08
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L’Afrique de l’Ouest et du Centre dispose désormais des technologies nécessaires pour bâtir une aquaculture plus productive, plus résiliente et plus respectueuse de l’environnement. Le principal obstacle n’est plus l’innovation, mais leur déploiement à grande échelle.

Une étude scientifique publiée le 29 juin 2026 par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), en collaboration avec l’Alliance de Bioversity International et du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) ainsi que l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), met en lumière plusieurs technologies capables de transformer durablement les secteurs de la pêche et de l’aquaculture en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Parue dans la revue Frontiers in Sustainable Food Systems, cette recherche s’appuie sur l’analyse de 90 publications scientifiques afin d’identifier les innovations les plus efficaces pour accroître la production halieutique tout en renforçant la résilience face aux effets du changement climatique et en limitant l’empreinte environnementale.

L’étude distingue notamment les systèmes aquacoles multitrophiques intégrés (IMTA), qui associent plusieurs espèces dans un même environnement où les déchets des unes deviennent les ressources des autres. Les technologies Biofloc, les systèmes d’aquaculture en recirculation (RAS), l’aquaponie et les modèles intégrés agriculture-aquaculture figurent également parmi les solutions les plus prometteuses. Toutes reposent sur les principes de l’économie circulaire.

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« Ces technologies constituent les options les plus prometteuses pour construire une économie bleue résiliente dans la région », souligne le Dr Esaïe Kpadonou, expert au CORAF et co-auteur de l’étude. Pour le Dr Komla Kyky Ganyo, spécialiste en écologie et agroforesterie, « le potentiel est immense ; le vrai défi n’est plus de l’inventer, mais de le mettre entre les mains des producteurs. »

Malgré leurs performances, ces innovations peinent encore à s’imposer. Les investissements élevés, le faible accès aux financements, le déficit de formation et l’insuffisance des dispositifs institutionnels ralentissent leur diffusion, notamment pour les systèmes RAS qui requièrent d’importantes infrastructures et une alimentation énergétique fiable.

Face à ce constat, les chercheurs invitent les États à intégrer ces technologies dans leurs politiques d’adaptation climatique, à mobiliser davantage de financements verts et à soutenir les investissements dans les énergies renouvelables.

« Les pays disposent désormais d’une feuille de route claire. En réunissant les bonnes conditions politiques, financières et institutionnelles, l’Afrique de l’Ouest et du Centre peut faire de ses systèmes alimentaires aquatiques un levier de nutrition, d’emplois et de souveraineté alimentaire », affirme le Dr Niéyidouba Lamien, gestionnaire de programmes au CORAF et co-auteur de l’étude.

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