Le logement ne peut plus être réduit à une simple opération de construction. C’est un instrument de transformation sociale, un levier d’émancipation et un facteur déterminant d’inclusion économique. C’est le message central porté par Victoire Tomégah-Dogbé lors d’un panel organisé à l’ouverture des BOAD Development Days 2026, consacré au financement d’un habitat durable et inclusif dans l’espace UEMOA.
Pour illustrer son propos, elle a évoqué le parcours d’une femme en situation de handicap ayant bénéficié du Fonds national de la finance inclusive (FNFI). Grâce à des microcrédits successifs, allant de 30 000 à 100 000 FCFA, cette dernière a pu développer une activité génératrice de revenus, épargner, acquérir un terrain et construire sa propre maison en deux ans seulement. Une trajectoire qui, selon elle, démontre la puissance de l’inclusion financière lorsqu’elle est accessible et structurée.
« Ce n’est pas seulement son patrimoine qui a changé, c’est sa confiance en elle-même, sa place dans la communauté et sa capacité à se projeter dans l’avenir », a souligné Victoire Tomégah-Dogbé. Pour elle, le logement est bien plus qu’un actif matériel : « C’est un facteur d’émancipation humaine ». Dès lors, il doit être considéré comme un service social essentiel, au même titre que la santé ou l’éducation.
L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de repenser les politiques publiques. Un logement durable ne saurait se limiter à « quatre murs » : il doit garantir l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’assainissement et aux services de base, afin de permettre aux familles de vivre dignement et de se projeter.
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Elle a également souligné l’importance de mécanismes de financement innovants, capables de soutenir les populations vulnérables. Accès au foncier, fiscalité incitative, matériaux locaux et partenariats public-privé constituent, selon elle, des leviers essentiels pour rendre le logement accessible et durable.
Enfin, elle a appelé à dépasser l’opposition entre logement durable et logement abordable. « La solution durable doit aussi être la plus abordable sur le long terme », a-t-elle plaidé, tout en invitant les États de l’UEMOA à bâtir un nouveau modèle de développement urbain.
Dans cette dynamique, elle a salué le rôle stratégique de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), appelée à transformer les ambitions politiques en projets concrets au service des populations.