Longtemps relégués au second plan dans les grandes orientations agricoles, les producteurs ruraux d’Afrique de l’Ouest pourraient désormais peser davantage dans les décisions qui façonnent l’avenir de leur secteur. C’est l’ambition du nouveau projet lancé par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), qui entend placer les organisations paysannes au cœur de la transformation des systèmes agricoles et alimentaires de la région.
Officiellement présenté le 11 juin 2026 à Abuja, au Nigeria, le projet « Organisations paysannes et transformation des systèmes agricoles et alimentaires » (FO Hub-GIZ) vise à renforcer les capacités d’action, de représentation et d’influence des organisations agricoles et de la société civile. L’initiative s’inscrit dans un contexte marqué par les défis de la sécurité alimentaire, les effets croissants du changement climatique et la nécessité de construire des systèmes de production plus durables.
Pour concrétiser cette vision, la GIZ a noué un partenariat avec plusieurs acteurs régionaux majeurs, notamment le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), l’Association Ouest-Africaine pour le Commerce Transfrontalier des produits Alimentaires, Agro-sylvo-pastoraux et Halieutiques (AOCTAH) ainsi que le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Produits Agro-sylvo-pastoraux et Halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS).
L’une des priorités du programme consiste à permettre aux organisations paysannes de participer plus activement à l’élaboration des politiques agricoles régionales. Le ROPPA bénéficiera ainsi d’un accompagnement destiné à renforcer son rôle dans les discussions menées au sein de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’Union africaine, notamment autour des réformes de l’ECOWAP et du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA/CAADP).
Le projet met également un accent particulier sur l’inclusion des femmes et des groupes vulnérables. Grâce à des approches sensibles au genre et à l’utilisation d’outils numériques, il ambitionne de réduire les disparités qui freinent encore l’accès équitable aux opportunités du secteur agricole.
Parallèlement, les organisations bénéficiaires seront outillées sur des thématiques essentielles telles que l’agroécologie, le financement agricole, l’assurance agricole, la protection sociale et la résilience des exploitations familiales face aux aléas climatiques. L’AOCTAH sera soutenue dans la maîtrise des réglementations régionales du commerce agricole, tandis que le ReJPAH-AOS contribuera à accroître la visibilité des initiatives paysannes auprès des décideurs et des populations.
À travers cette initiative déployée en Afrique, en Asie et en Amérique latine, la GIZ entend faire des organisations paysannes des partenaires stratégiques du développement, capables d’influencer les politiques publiques et d’accélérer la transition vers des systèmes alimentaires plus inclusifs, résilients et durables.