Chaque année, des femmes perdent la vie quelques heures seulement après avoir donné naissance, victimes d’une complication aussi brutale qu’évitable. Face à cette urgence sanitaire qui continue de faucher de nombreuses mères, le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sylvanus Olympio de Lomé a décidé de passer à l’offensive en lançant un vaste programme de prévention et de prise en charge de l’hémorragie du post-partum.
Soutenue par la coopération allemande à travers le programme Pro-Santé de la GIZ, cette initiative ambitieuse entend renforcer la sécurité des accouchements au sein du plus grand établissement hospitalier public du pays. Le projet, officiellement lancé jeudi dernier, s’inscrit dans une dynamique de réduction durable de la mortalité maternelle et vise à améliorer considérablement la réactivité des équipes médicales face aux situations critiques.
Prévu pour s’étendre de juin à août 2026, le programme met l’accent sur le renforcement des capacités humaines. Plus de 190 agents de santé du CHU bénéficieront ainsi de formations spécialisées, tandis que des sages-femmes provenant de 36 structures sanitaires du Grand Lomé seront également associées à cette démarche. L’objectif est de doter les professionnels des compétences nécessaires pour identifier rapidement les signes de danger et intervenir avec efficacité dans les premières minutes, souvent décisives pour sauver une vie.
Cette stratégie ne se limite pas à la formation. Elle prévoit également la mise en place d’une brigade d’intervention rapide capable de répondre sans délai aux urgences obstétricales. Le dispositif comprend en outre l’amélioration du système de référence et de transfert des patientes ainsi que l’organisation de campagnes de collecte de sang destinées à renforcer les réserves hospitalières. Ces mesures répondent à une réalité médicale bien connue : en cas d’hémorragie sévère, la disponibilité immédiate de produits sanguins peut faire la différence entre la vie et la mort.
L’importance de cette mobilisation se justifie par la gravité du phénomène. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hémorragie du post-partum est responsable d’environ 27 % des décès maternels dans le monde. En Afrique subsaharienne, elle demeure la première cause de mortalité chez les femmes après l’accouchement. Cette complication, qui survient généralement dans les vingt-quatre heures suivant la naissance, se manifeste par une perte sanguine importante souvent liée à une mauvaise contraction de l’utérus ou à des lésions survenues lors de l’accouchement.
Ce qui rend cette pathologie particulièrement redoutable, c’est sa rapidité d’évolution. En l’absence d’une prise en charge immédiate, l’état de la patiente peut se dégrader en quelques dizaines de minutes seulement. Pourtant, les spécialistes s’accordent à reconnaître qu’une grande partie de ces décès peut être évitée grâce à l’application rigoureuse de protocoles médicaux éprouvés et à la disponibilité d’équipes formées.
Parallèlement aux actions menées dans les structures de santé, le CHU Sylvanus Olympio entend également renforcer la sensibilisation des futures mères. Des séances d’information seront intégrées aux consultations prénatales afin de permettre aux femmes enceintes et à leurs familles de mieux reconnaître les signes précurseurs d’une éventuelle complication et de consulter sans délai en cas d’alerte.
Le CHU Sylvanus Olympio à travers cette initiative, réaffirme son engagement en faveur de la santé maternelle. Au-delà d’un simple projet hospitalier, cette démarche constitue un levier majeur pour préserver des vies, rassurer les familles et contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux de réduction de la mortalité maternelle au Togo.