Face à l’érosion accélérée du couvert végétal et à la pression croissante exercée sur les ressources naturelles, l’heure n’est plus à la tolérance. Dans la préfecture de Cinkassé, les autorités montent au créneau et imposent une ligne de fermeté sans équivoque pour enrayer les pratiques illégales qui fragilisent dangereusement l’équilibre écologique.
C’est dans ce contexte préoccupant, marqué par une recrudescence inquiétante de l’abattage anarchique dans la région des Savanes, que le directeur préfectoral en charge des Ressources forestières, le lieutenant Sambiani Bétiandame, a sonné l’alerte. Les forêts classées, les aires protégées ainsi que les berges des cours d’eau subissent de plein fouet cette exploitation désordonnée. Des essences vitales, à forte valeur socio-économique et écologique, telles que le néré et le karité, figurent désormais parmi les espèces les plus vulnérables.
Dans une démarche visant à restaurer l’ordre et à responsabiliser les acteurs du secteur, une rencontre stratégique a été organisée le 30 mars dernier avec l’ensemble de la chaîne d’exploitation : vendeurs de bois d’œuvre, producteurs de charbon, transporteurs et transformatrices. À cette occasion, l’autorité préfectorale a rappelé, avec une rigueur appuyée, les exigences réglementaires en vigueur.
L’exploitation forestière, a-t-il martelé, ne saurait s’affranchir du cadre légal. Toute activité, qu’il s’agisse de coupe ou de transport de bois, doit impérativement être précédée de l’obtention d’une autorisation officielle ainsi que d’un laisser-passer délivré par les services compétents. Ce préalable constitue désormais une condition non négociable.
« Toute personne surprise en train de couper ou de transporter du bois sans les documents requis s’expose à la confiscation des produits, à la saisie des engins de transport et à d’autres sanctions plus sévères », a-t-il averti, soulignant la détermination des autorités à faire respecter la loi avec la plus grande rigueur.
Au-delà de la dimension répressive, cette sortie traduit une volonté claire de préserver un patrimoine naturel gravement menacé. Les ressources forestières, pilier de l’équilibre environnemental et socle de subsistance pour de nombreuses communautés locales, nécessitent une gestion durable et responsable.
Ce rappel à l’ordre sonne ainsi comme un tournant : celui d’une gouvernance forestière plus stricte, où la préservation de l’environnement s’impose désormais comme une priorité stratégique incontournable.