Face à l’urgence climatique qui redessine les priorités publiques, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) opère un virage décisif. Loin d’un simple ajustement administratif, l’institution ancre désormais son action dans une logique budgétaire résolument tournée vers la préservation de l’environnement, affirmant ainsi que les droits humains ne sauraient prospérer en dehors d’un cadre écologique sain.
Au cœur de cette transformation, l’installation de la cellule « Budget vert », intervenue le 30 avril à Lomé, constitue une avancée structurante. Pensée comme un levier d’intégration des enjeux climatiques dans la gestion interne, cette entité ambitionne de systématiser la prise en compte des impératifs environnementaux dans la planification et l’exécution budgétaire. L’objectif est sans équivoque: faire du budget un instrument actif de la politique écologique de la Commission.
Prenant toute la mesure de cette innovation, le président de la CNDH, Kwao Ohini Sanvee, a inscrit cette initiative dans une dynamique nationale plus large. Il a ainsi déclaré que « le budget vert est l’outil qui va porter la politique environnementale de la Commission. Avant d’élaborer le budget ou d’adopter nos plans de travail, la cellule veillera à ce que chaque activité tienne compte des défis climatiques », soulignant avec force l’imbrication désormais irréversible entre gouvernance publique et exigences environnementales.

Dans cette perspective, la cellule ne se limite pas à un rôle symbolique. Elle est appelée à devenir un véritable centre de pilotage, chargé d’« assurer l’alignement des actions de la Commission avec le processus national du budget vert », tout en favorisant « une synergie d’actions entre les différentes institutions pour garantir le succès de cette réforme », a-t-il précisé. Une mission stratégique qui traduit la volonté d’inscrire durablement l’institution dans une gouvernance responsable et anticipatrice.
En amont, l’atelier de renforcement de capacités ayant accompagné cette installation a permis de doter les agents d’outils méthodologiques pointus. Les travaux ont notamment porté sur l’identification, la classification et la valorisation des dépenses publiques favorables à la lutte contre les changements climatiques. Une montée en compétences essentielle pour garantir l’efficacité opérationnelle de ce nouveau dispositif.
Composée de quatre membres, la cellule est dirigée par le commissaire Kolani Nakodjoa, épaulé par Mme Baza Dan-Ladi en qualité de point focal, ainsi que par MM. Flindjo Kimogso et Bimizi Tètouwalla. Ensemble, ils auront la responsabilité de traduire les ambitions affichées en actions concrètes et mesurables.

Soutenue par le ministère de l’Économie et des Finances à travers le Programme de modernisation de l’administration et de développement du secteur public, avec l’appui financier de la Banque mondiale, cette initiative s’inscrit pleinement dans les engagements du Togo en faveur des Objectifs de développement durable. Elle traduit une conviction désormais partagée : la protection de l’environnement est indissociable du droit à la santé et au bien-être.
En érigeant le budget vert en boussole de son action, la CNDH ne se contente pas d’innover. Elle affirme une vision exigeante où la défense des droits humains épouse, sans compromis, les impératifs de durabilité.