Face à l’urgence climatique et à la nécessité croissante de mobiliser des ressources innovantes pour financer son développement durable, le Togo intensifie sa préparation aux nouveaux mécanismes internationaux de financement carbone. Dans cette dynamique, le pays multiplie les initiatives destinées à renforcer son dispositif institutionnel afin de tirer pleinement profit des opportunités offertes par l’Article 6 de l’Accord de Paris.
C’est dans cette perspective qu’une délégation togolaise composée de hauts responsables du ministère de l’Environnement ainsi que d’un représentant de Global Green Growth Institute (GGGI Togo) a effectué une mission d’apprentissage au Sénégal, l’un des États africains les plus avancés en matière d’opérationnalisation des marchés carbone.
Cette immersion technique a permis aux participants de découvrir les mécanismes qui ont favorisé l’émergence du Sénégal comme référence continentale dans ce domaine stratégique. Les échanges ont porté sur les architectures institutionnelles, les cadres réglementaires, les procédures d’évaluation des projets carbone ainsi que les outils garantissant la crédibilité environnementale des initiatives développées sous le régime de l’Article 6.
Le programme a été particulièrement dense. Il a notamment été marqué par une table ronde avec le ministère sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, des séances de travail avec les structures chargées de l’examen et de la validation des projets carbone, ainsi que plusieurs visites de terrain auprès de développeurs engagés dans la mise en œuvre d’initiatives à forte valeur climatique.
Au-delà du simple partage d’expériences, cette mission a constitué une véritable opportunité de transfert de compétences. Les représentants togolais ont pu approfondir leurs connaissances pratiques sur la gouvernance des marchés carbone, les mécanismes de mobilisation des financements climatiques et les stratégies permettant de maximiser les retombées économiques et environnementales de ces instruments.
Pour Lomé, l’enjeu est considérable. L’opérationnalisation effective des marchés carbone pourrait ouvrir l’accès à de nouvelles sources de financement, soutenir les ambitions nationales en matière de développement durable et accélérer la transition vers une économie plus verte, plus résiliente et moins dépendante des émissions de gaz à effet de serre.
Le Togo à travers cette coopération Sud-Sud, confirme sa volonté de se positionner comme un acteur crédible de l’action climatique en Afrique. Cette démarche illustre également l’importance de la solidarité et de l’apprentissage entre pays du continent pour transformer les défis climatiques en opportunités de croissance durable et inclusive.