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vendredi, novembre 6, 2026 19:29
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La culture africaine peut-elle devenir l’un des grands moteurs de croissance du continent ? À Lagos, au Nigeria, Afreximbank entend apporter des réponses concrètes à cette question. Ouvert le 5 novembre 2026 pour quatre jours, le Creative Africa Nexus (CANEX) WKND 2026 réunit artistes, entrepreneurs, investisseurs et décideurs autour d’un objectif commun : transformer le potentiel des industries culturelles et créatives africaines en richesses économiques, en emplois et en opportunités d’affaires à l’échelle internationale.

Placée sous le thème « Un seul peuple, unis par la culture, créons pour le monde », cette édition bénéficie de l’accueil du gouvernement fédéral nigérian et de l’organisation de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), à travers son programme Creative Africa Nexus (CANEX). Cinéma, musique, mode, littérature, édition, gastronomie, sport et arts visuels constituent les principaux domaines représentés.

Derrière cette grande vitrine des talents africains se dessine une ambition économique précise. Le continent dispose d’une richesse culturelle considérable et bénéficie d’une visibilité internationale croissante. Pourtant, ses créateurs restent confrontés à des obstacles persistants : accès limité aux financements, difficultés de distribution, protection insuffisante de la propriété intellectuelle et faible pénétration de certains marchés internationaux.

CANEX WKND entend précisément rapprocher la reconnaissance artistique des débouchés commerciaux. Pendant quatre jours, rencontres professionnelles, négociations, présentations de projets et sessions de financement doivent favoriser la mise en relation entre porteurs d’initiatives créatives, investisseurs et institutions financières. Le CANEX Deal Room constitue, à cet égard, l’un des dispositifs centraux de cette édition.

Afreximbank mobilise 2 milliards de dollars

Cette orientation repose sur un engagement financier déjà conséquent. Depuis 2020, Afreximbank renforce progressivement son soutien aux industries culturelles et créatives africaines. La Banque porte désormais son enveloppe d’engagement dans ce secteur à 2 milliards de dollars américains. L’objectif est d’aider les initiatives créatives à dépasser le stade des projets individuels pour devenir des entreprises structurées, viables et capables de conquérir les marchés continentaux et internationaux.

La dimension économique de cette rencontre se reflète également dans la qualité des personnalités annoncées. Le prix Nobel de littérature, le professeur Wole Soyinka, l’actrice américaine récompensée aux Emmy Awards Uzo Aduba, la réalisatrice et actrice nigériane Funke Akindele, ainsi que les acteurs Richard Mofe-Damijo et Thuso Mbedu figurent parmi les invités de marque.

Le sport et la musique occupent également une place de choix. Les anciennes gloires du football africain Didier Drogba et Jay-Jay Okocha côtoient des artistes de renom tels que Davido, Fally Ipupa, Flavour, Libianca et Charlotte Dipanda.

La cérémonie d’ouverture rassemble par ailleurs plusieurs responsables institutionnels, dont le Dr George Elombi, président du conseil d’administration d’Afreximbank, Olajumoke Omoniyi Oduwole, ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et Babajide Sanwo-Olu, gouverneur de l’État de Lagos.

Financement, propriété intellectuelle et intelligence artificielle au cœur des débats

Le 6 novembre, les discussions prendront une dimension stratégique avec une session de haut niveau intitulée « Un marché, une culture : construire l’économie créative de l’Afrique globale ». Les participants examineront les moyens de convertir l’influence culturelle du continent en investissements plus importants, en exportations et en entreprises compétitives.

La question des ressources financières sera également au centre du Sommet sur le financement de l’économie créative, organisé par Afreximbank en partenariat avec Co-Creation Hub. Les échanges porteront notamment sur les mécanismes susceptibles de faciliter l’accès au crédit et de réduire les risques associés aux investissements dans les entreprises créatives.

Autre dossier déterminant : la propriété intellectuelle. À l’heure où les œuvres circulent rapidement et où les technologies bouleversent les modes de création et de diffusion, les droits d’auteur et l’intelligence artificielle imposent de nouvelles exigences aux professionnels africains. Leur maîtrise conditionne en grande partie la capacité des créateurs à protéger leurs productions et à tirer des revenus de leur exploitation.

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L’innovation technologique sera aussi à l’honneur avec le CANEX CreaThon, organisé en partenariat avec Gebeya. Ce rendez-vous réunira créateurs, développeurs et innovateurs autour de projets liés à la musique, à la vidéo et au jeu vidéo. Un accompagnement technique ainsi que 50 000 dollars de récompenses sont prévus pour soutenir les initiatives retenues.

Mode, cinéma et gastronomie : les industries créatives à l’honneur

La mode africaine bénéficiera d’une programmation dédiée. Des masterclasses aborderont la rentabilité des marques, le développement des chaînes de valeur textiles, l’accès aux marchés et la protection de la propriété intellectuelle. Le CANEX Fashion Show et la cérémonie des CANEX Awards viendront compléter ce dispositif de promotion des créateurs et des marques du continent.

Le cinéma et la télévision feront également l’objet de rencontres professionnelles consacrées à la production et à la distribution. La session « Made in Africa, Watched in Africa » s’intéressera particulièrement aux publics, aux circuits de diffusion et aux mécanismes de financement dans six pays : l’Égypte, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud. Une réflexion qui pose la question de la circulation des œuvres africaines sur leurs propres marchés, au-delà de leur succès auprès des audiences internationales.

Le football ne sera pas uniquement abordé sous l’angle du spectacle. Didier Drogba et Jay-Jay Okocha participeront à une discussion sur les enjeux économiques de cette discipline et la valorisation commerciale des carrières sportives. Un match réunissant des légendes du football est également programmé le 8 novembre au stade Onikan.

La gastronomie africaine disposera, elle aussi, d’une scène d’expression avec le CANEX Junior Chefs Competition, l’Africa Jollof Wars et plusieurs démonstrations culinaires. Ces activités mettront en lumière les savoir-faire et les traditions du continent, tout en soulignant les possibilités de développement commercial de ses produits et de ses spécialités.

La littérature et l’édition seront représentées par le CANEX Book Factory, une foire du livre, des ateliers d’écriture et des présentations de manuscrits. Des expositions et des rencontres avec des collectionneurs permettront, en parallèle, de valoriser les arts visuels.

Après un grand concert réunissant des artistes africains et de la diaspora le 7 novembre, les activités se poursuivront jusqu’au 8 novembre avec des excursions culturelles, des animations gastronomiques, un atelier d’écriture musicale et le match des légendes.

Au-delà de la concentration de célébrités et de talents, CANEX WKND 2026 pose ainsi une question essentielle pour l’avenir des industries créatives africaines : comment faire en sorte que la valeur générée par la culture profite davantage à ceux qui la produisent ?

À Lagos, Afreximbank défend une approche fondée sur le financement, la structuration des filières, la coopération entre les pays africains et l’ouverture de nouveaux débouchés. Une orientation qui place la culture au-delà de sa seule dimension identitaire et artistique : celle d’un secteur économique à part entière, capable de générer des emplois, de stimuler les investissements et de renforcer la présence de l’Afrique dans l’économie mondiale.

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