Alors que les conflits armés se multiplient et que les dépenses militaires mondiales atteignent des sommets, la place des femmes dans les négociations de paix reste insuffisante. À l’approche du débat public du Conseil de sécurité des Nations unies, prévu à partir du 27 octobre 2026, ONU Femmes appelle à renforcer les moyens consacrés à leur participation, à leur protection et à leur leadership dans la prévention et la résolution des conflits.
La paix ne peut se construire durablement sans les femmes. C’est le principe qui sous-tend, depuis plus de 25 ans, le programme « Femmes, paix et sécurité » (FPS), né de l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Pourtant, malgré les avancées enregistrées, les femmes demeurent insuffisamment représentées dans les processus de négociation, au moment même où leur contribution est essentielle pour prévenir les guerres et reconstruire les sociétés dévastées.
L’adoption de cette résolution historique a été rendue possible par une coalition de femmes, de militants pour la paix, de gouvernements et de représentants des Nations unies. Leur mobilisation a permis de faire reconnaître une réalité fondamentale : les femmes ne sont pas seulement des victimes des conflits. Elles sont aussi des actrices de premier plan dans leur prévention, leur résolution et les efforts de reconstruction qui suivent.
Cette approche repose sur un double impératif : garantir la participation effective des femmes aux décisions relatives à la paix et à la sécurité, tout en tenant compte des conséquences spécifiques que les conflits font peser sur les femmes et les filles. L’égalité entre les sexes apparaît ainsi comme une condition essentielle à l’instauration d’une paix durable.
Des priorités mondiales à rééquilibrer
Le contexte actuel met toutefois en évidence un paradoxe préoccupant. Alors que les budgets militaires mondiaux atteignent des niveaux records, les investissements consacrés à la prévention des conflits, notamment au leadership féminin, à la médiation et à la négociation, diminuent.
Dans le même temps, les guerres se poursuivent et les méthodes employées sur les théâtres d’affrontement rendent les violences toujours plus meurtrières et dangereuses pour les femmes et les filles. Cette situation souligne l’urgence de rééquilibrer les priorités internationales afin que la prévention, la protection et la participation des femmes bénéficient de moyens à la hauteur des enjeux.
Chargée de conduire la mise en œuvre mondiale du programme Femmes, paix et sécurité, ONU Femmes œuvre pour que les femmes prennent pleinement part aux décisions concernant la paix, la sécurité et le relèvement des communautés. L’organisation défend une approche qui place leur leadership, leur participation et leur protection au centre des stratégies internationales.
Sur le terrain, elle travaille avec ses partenaires dans les zones touchées par les conflits et les crises. Les interventions portent notamment sur l’aide vitale, la protection, le soutien psychosocial et l’accès à des possibilités économiques pour les femmes et les filles. Ces actions visent à répondre aux urgences tout en renforçant les capacités des populations à se relever des crises.
Le retour des femmes à la table des négociations
L’un des principaux défis demeure cependant la faible présence des femmes dans les discussions destinées à mettre fin aux conflits. Leur exclusion des tables de négociation prive les processus de paix de compétences, d’expériences et de perspectives indispensables à la recherche de solutions durables.*
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Le débat public du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, qui s’ouvre le 27 octobre 2026, constitue à cet égard une occasion majeure. Il doit permettre de réaffirmer les engagements internationaux, mais aussi de traduire les principes en mesures concrètes, soutenues par des financements suffisants.
L’enjeu dépasse la seule représentation des femmes dans les instances de décision. Il s’agit de reconnaître leur rôle dans la prévention des violences, la médiation, la reconstruction et la consolidation de la paix. Sans volonté politique affirmée ni ressources adaptées, les engagements pris depuis l’adoption de la résolution 1325 risquent de rester insuffisamment appliqués.
À l’heure où les conflits fragilisent davantage les populations, ONU Femmes plaide ainsi pour un engagement renouvelé en faveur du programme FPS. Faire une place réelle aux femmes dans les décisions qui engagent l’avenir des sociétés n’est pas une simple exigence d’égalité : c’est un levier essentiel pour construire une paix plus solide et durable.