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vendredi, novembre 6, 2026 22:54
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Produire localement ne suffit pas : encore faut-il garantir la qualité des aliments et leur innocuité. C’est le défi auquel répond le Laboratoire national de sécurité sanitaire et phytosanitaire des aliments (LaNSA), visité le 21 octobre 2026 à Cacavéli, à Lomé, par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, dans le cadre du Mois du consommer local.

Cette visite a permis au ministre de découvrir les équipements, les procédures d’analyse et les missions de cette structure publique, dont le travail est essentiel à la protection des consommateurs et à la compétitivité des produits togolais. L’enjeu est double : renforcer la confiance sur le marché national et donner aux entreprises locales les moyens de conquérir les marchés extérieurs.

« Notre ambition est de produire ce que nous consommons. Mais au-delà de la production, nous devons veiller à ce que les produits fabriqués répondent aux exigences de qualité », a déclaré Badanam Patoki.

Pour le ministre, la conformité aux normes constitue une condition incontournable du développement de la consommation locale. Les capacités de contrôle observées auprès des unités de production représentent, selon lui, un atout pour améliorer la qualité des marchandises et faciliter leur commercialisation au Togo comme à l’étranger. « Cela permet non seulement de mettre ces produits à la disposition des consommateurs locaux, mais aussi de les exporter vers d’autres marchés », a-t-il souligné.

La conquête de ces débouchés suppose toutefois des garanties vérifiables. Sur les marchés internationaux, la compétitivité ne dépend pas uniquement des prix : les produits doivent également satisfaire aux exigences sanitaires des pays importateurs.

Métaux lourds, aflatoxines : les aliments passés au crible

Au cœur de ce dispositif, le LaNSA recherche les contaminants susceptibles de compromettre la santé humaine et animale. Les échantillons réceptionnés au laboratoire sont préparés puis soumis à des analyses physico-chimiques et microbiologiques.

Les contrôles physico-chimiques portent notamment sur les métaux lourds, dont le plomb, le cadmium et le mercure, ainsi que sur les mycotoxines, notamment les aflatoxines. Le laboratoire travaille également à la recherche de résidus de pesticides et de certains additifs interdits, tels que des colorants ou des édulcorants non autorisés.

D’autres dangers, comme les fragments de verre, les cailloux, les particules de fer et certains allergènes, peuvent affecter la sécurité des aliments. Leur recherche ne figure cependant pas, à ce stade, parmi les analyses effectuées par le laboratoire.

« Ces analyses permettent d’évaluer les risques et de vérifier que les contaminants éventuellement présents dans les produits restent en dessous des seuils réglementaires. Dès lors que ces seuils sont dépassés, le produit peut être considéré comme impropre à la consommation, selon la substance concernée et les normes applicables », a expliqué le professeur Sanda Komla, directeur général du LaNSA.

La structure détermine ainsi les concentrations des substances recherchées et contribue à l’évaluation des risques sanitaires. Elle délivre également, dans le cadre de ses attributions, un certificat de salubrité. Les analyses microbiologiques permettent, pour leur part, d’identifier les germes susceptibles de rendre les aliments dangereux. La certification finale des produits conformes relève toutefois d’un processus distinct des compétences directes du laboratoire.

Environ 650 échantillons déjà analysés

Depuis sa mise en service, le LaNSA a examiné environ 650 échantillons, pour près de 1 200 analyses. Les premiers résultats des contrôles physico-chimiques sont globalement encourageants.

« En ce qui concerne les contaminants déjà recherchés, notamment les métaux lourds et les aflatoxines, nous constatons généralement que les produits analysés sont conformes aux normes en vigueur », a indiqué le professeur Sanda Komla.

Ces résultats constituent un signal positif pour les producteurs et les consommateurs. Ils ne dispensent cependant pas de poursuivre les contrôles, d’autant que la surveillance doit couvrir une diversité croissante de denrées et de contaminants. Le laboratoire entend notamment renforcer ses capacités d’analyse des résidus de pesticides afin d’élargir son champ d’intervention.

Inauguré le 23 avril 2026, le LaNSA est une structure publique de référence chargée des analyses et de l’appui scientifique en matière de sécurité alimentaire. Il participe au contrôle des denrées, à l’évaluation des risques chimiques et microbiologiques ainsi qu’à l’amélioration de la conformité des produits aux normes réglementaires.

Lire aussi : Le LaNSA forme les futurs spécialistes de la sécurité sanitaire des aliments

Ses interventions concernent plusieurs catégories de denrées alimentaires et de produits agricoles, notamment le maïs, le riz et le soja. Le laboratoire examine également les boissons alcoolisées, les vins et les liqueurs, avec des contrôles spécifiques pouvant porter sur leur teneur en méthanol.

Ses missions englobent par ailleurs l’évaluation des qualités organoleptiques des produits du terroir, l’analyse des aliments destinés à la consommation humaine et animale, ainsi que l’examen de leur qualité nutritionnelle et la recherche de contaminants chimiques et biologiques.

À travers cette visite, le gouvernement rappelle que la promotion du consommer local ne peut se limiter à encourager l’achat des produits fabriqués au Togo. Elle doit aussi s’appuyer sur des contrôles rigoureux, capables de protéger la santé publique et de renforcer la crédibilité des entreprises togolaises. La qualité sanitaire apparaît ainsi comme un levier essentiel pour transformer la préférence nationale en véritable avantage concurrentiel, au Togo comme à l’international.

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