Le café et le cacao togolais sont désormais confrontés à une exigence qui dépasse la seule qualité des fèves : démontrer que leur production ne participe pas à la déforestation. C’est l’un des défis majeurs qui s’impose aux filières à l’ouverture de la campagne de commercialisation 2026-2027, lancée le 4 septembre 2026 à Kpalimé. Une nouvelle campagne qui intervient dans un contexte particulier, marqué également par la célébration des 30 ans du Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC).
Après trois décennies consacrées à la coordination, à l’organisation et au développement des filières café et cacao au Togo, le CCFCC aborde cette nouvelle étape avec un enjeu devenu incontournable : adapter les productions nationales aux exigences environnementales et commerciales qui se renforcent sur les marchés internationaux. Désormais, la performance d’une filière ne se mesure plus uniquement aux volumes produits ou exportés. Elle se juge également à la capacité de garantir l’origine des produits, leur parcours et les conditions dans lesquelles ils ont été obtenus.
La traçabilité, rempart contre la déforestation
Cette nouvelle donne est particulièrement illustrée par le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (RDUE). Pour préserver l’accès des produits togolais aux marchés internationaux, les acteurs des filières doivent être en mesure d’apporter des garanties précises sur l’origine des productions et leur conformité aux exigences environnementales.
Dans cette perspective, le CCFCC poursuit plusieurs chantiers structurants, notamment le recensement des producteurs, la géolocalisation des plantations et la mise en place d’un système national de traçabilité. L’objectif est de disposer d’informations suffisamment fiables pour retracer l’origine du café et du cacao et mieux établir leur conformité aux nouvelles règles du commerce international.
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Cette démarche change profondément la nature de la traçabilité. Elle ne relève plus d’une simple procédure administrative destinée à accompagner les opérations commerciales. Elle devient un véritable outil de protection des forêts, de transparence de la chaîne d’approvisionnement et de sécurisation des débouchés pour les producteurs et les opérateurs togolais.
Des volumes qui doivent désormais rimer avec conformité
Les résultats de la campagne 2025-2026 donnent une idée du poids économique de ces filières. 2 576 tonnes de café et 8 841 tonnes de cacao ont été exportées, avec la participation de 39 opérateurs économiques aux activités commerciales.
Ces performances constituent un acquis, mais elles soulignent aussi l’ampleur du défi. Dans un marché international de plus en plus attentif à l’impact environnemental des productions agricoles, l’augmentation des volumes ne saurait suffire. Le café et le cacao togolais doivent également gagner en qualité, en traçabilité et en conformité afin de préserver leur compétitivité et leurs débouchés.
La lutte contre la déforestation impose ainsi une mobilisation de l’ensemble de la chaîne de valeur. Producteurs, acheteurs, contrôleurs, transformateurs et exportateurs sont appelés à respecter rigoureusement les règles de commercialisation et à intégrer davantage les impératifs liés à l’origine et à la traçabilité des productions.
Les 30 ans du CCFCC face à un nouveau défi
Le lancement de la campagne 2026-2027 prend donc une dimension particulière à l’heure où le CCFCC célèbre ses 30 années d’existence. Cet anniversaire ne constitue pas seulement un regard rétrospectif sur trois décennies d’action. Il intervient au moment où les filières café et cacao doivent négocier un virage déterminant pour leur avenir.
La campagne 2026-2027 ouvre ainsi un nouveau chapitre pour le secteur. Après 30 ans de coordination et d’accompagnement, le CCFCC doit contribuer à faire entrer davantage le café et le cacao togolais dans une nouvelle ère, celle d’une production économiquement performante, mais également respectueuse des exigences environnementales.
À Kpalimé, le lancement de la campagne 2026-2027 a donc envoyé un signal clair : la compétitivité du café et du cacao togolais passera désormais aussi par la capacité à garantir leur origine et à démontrer qu’ils ne contribuent pas à la déforestation. Pour les filières comme pour leurs acteurs, la traçabilité apparaît désormais moins comme une contrainte que comme une condition de pérennisation de leur présence sur les marchés internationaux.
