Insécurité alimentaire, changements climatiques, (sécheresses, aridité, inondations, etc.), salinisation et dégradation physico-chimique des terres agricoles. Tels sont entre autres, les défis majeurs auxquels est confrontée l’Afrique de l’Ouest. Pour faire face à ces défis, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se propose d’accélérer la diffusion des innovations agroécologiques auprès des producteurs agricoles de la sous-région, dont le Togo.
Le 4 septembre 2026, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a lancé à Lomé, le Projet d’Appui aux Innovations Agroécologiques en Afrique de l’Ouest (PIA-AO). Financé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne (UE) à hauteur de 20 millions d’euros, soit environ 21,6 millions de dollars, le programme marque une étape décisive: passer de l’expérimentation à la mise à l’échelle des innovations dans toute la sous-région.
Le projet vise à améliorer les revenus des producteurs et leur résilience face au changement climatique, en augmentant durablement la production dans les secteurs agro-sylvo-pastoral et halieutique.
Une couverture régionale tournée vers l’ambition
Placé sous le signe de la résilience et de la souveraineté alimentaire, le PIA-AO s’inscrit dans la continuité du Programme Agroécologie en Afrique de l’Ouest (PAE, 2020-2025).
D’après Freddy Houedokoho, Coordonnateur régional du PIA-AO, le projet poursuit trois résultats majeurs: développer des innovations via des partenariats multi-acteurs (paysans, ONG, recherche, privé); capitaliser, diffuser et favoriser l’adoption à grande échelle; et rendre les cadres politiques régionaux et nationaux plus favorables à la transition agroécologique.
Des initiatives financées sur le terrain
Kanfitin Konlani, directeur exécutif de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA) de la CEDEAO a souligné l’importance de mettre ces pratiques à l’échelle pour davantage exploitations.
« L’agroécologie demeure une innovation qui peut permettre des réponses appropriées et adaptées aux défis auxquels fait face l’agriculture ouest-africaine. Les questions d’insécurité alimentaire seront résolues si nous arrivons vraiment à mettre à l’échelle les innovations qui ont été identifiées lors de cette première phase. L’objectif de cette deuxième phase est la mise à l’échelle et la capitalisation de ces innovations », a-t-il indiqué.

Au total, 20 projets ont déjà été sélectionnés pour plus de 12,8 millions d’euros d’accords signés, dont trois au Togo. Ils sont sélectionnés suite à un appel à propositions régional. Les lauréats vont tester et diffuser des solutions agroécologiques concrètes.
Il faut noter que avant le lancement officiel du PIA-AO, les équipes de mise en œuvre et les partenaires ont été formés depuis le 31 août dernier aux manuels de procédures, afin d’assurer une gestion harmonieuse et transparente des fonds.
« Il faut produire pour nourrir la population ouest-africaine, mais cette production doit tenir compte de la préservation de l’environnement et de la restauration des sols. Aujourd’hui, nous parlons de souveraineté alimentaire ; nous devons produire ce que nous mangeons, et le faire dans la durée », a souligné Dr Yao Lombo, Conseiller technique représentant le ministre togolais de l’Agriculture.
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Il a également insisté sur la nécessité d’une gestion transparente des ressources : « Nous invitons tous les bénéficiaires à être rigoureux dans l’utilisation des fonds, pour que nos partenaires nous accordent leur confiance et renforcent leur accompagnement ».
Un impact significatif pour le Togo
Le Togo, pays hôte de ce lancement, tire un bénéfice direct du projet à travers le renforcement des capacités des acteurs locaux, l’accessibilité des innovations technologiques aux exploitants familiaux et les financements directs: près de 8 milliards FCFA seront dédiés à des projets exécutés par trois organisations locales togolaises, contribuant à l’amélioration de la production agricole nationale.
Onze pays membres de CEDEAO bénéficient de l’intervention du PIA-AO.
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