De Banjul aux Nations unies, Fatou Jeng incarne une nouvelle génération africaine qui entend transformer les réalités locales du changement climatique en actions et en plaidoyer à l’échelle internationale. Fille d’agriculteur, née et élevée dans la capitale gambienne, cette activiste climatique a été confrontée très tôt aux effets d’une crise environnementale qui affecte directement les communautés côtières.
C’est dans ce contexte qu’elle lance Clean Earth Gambia avec des amis, sans financement, sans bureau et avec des moyens limités. L’organisation place la jeunesse au cœur de son action et intervient notamment dans l’éducation climatique, la plantation d’arbres, les solutions fondées sur la nature, le plaidoyer politique et la promotion du leadership féminin.
Son parcours l’a progressivement conduite des initiatives communautaires de Banjul aux espaces internationaux de décision climatique, jusqu’à conseiller directement le secrétaire général de l’ONU sur les politiques climatiques. Une évolution qui a changé l’échelle de son action, mais pas son regard sur les réalités du terrain.
Pour Fatou Jeng, les décisions prises au niveau international doivent rester connectées aux populations qui subissent quotidiennement les conséquences du dérèglement climatique. Femmes agricultrices, enfants, jeunes et communautés confrontées aux inondations et à l’érosion côtière constituent ainsi le point de référence de son engagement.
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Son leadership s’est également affirmé dans le mouvement étudiant. Première femme à diriger l’union étudiante de l’Université de Gambie après 19 années de leadership masculin, elle dit avoir appris à répondre aux doutes sur ses capacités par l’intégrité, le travail et les résultats. Cette expérience nourrit aujourd’hui son combat pour l’accès des jeunes femmes aux responsabilités.
Avec Clean Earth Gambia, plus de 55 000 personnes ont été touchées et plus de 45 000 arbres plantés. L’organisation a également porté la première Conférence nationale sur le changement climatique consacrée aux enfants et à la jeunesse en Gambie, avec l’UNICEF et le gouvernement, ainsi que la She-Climate Fellowship destinée à former de futures femmes leaders du climat.
À la jeunesse africaine qui souhaite agir mais manque encore de moyens, Fatou Jeng adresse un message simple : « N’attendez pas le financement, le titre ou l’autorisation. » Pour elle, l’action peut commencer à partir d’un problème local, qu’il s’agisse des inondations, de la pollution plastique, de la disparition des arbres ou des difficultés des agriculteurs.
De Banjul aux Nations unies, son itinéraire illustre ainsi une conviction forte : les grandes transformations climatiques peuvent prendre naissance dans les communautés locales, lorsque des jeunes choisissent de passer de la préoccupation à l’action.
