Dans certaines localités du Togo, la pénurie d’eau trouve son origine dans une sécheresse précoce liée aux dérèglements climatiques. Dans un contexte marqué par une croissance démographique annuelle de 2,3 % et une urbanisation passée de 37,7 % à 43 % entre 2010 et 2022, la demande en eau potable ne cesse d’augmenter. Les populations font ainsi face à des besoins croissants que les infrastructures existantes peinent à satisfaire. Cette priorité nationale, demeure au cœur des actions du Président du Conseil, Faure Gnassingbé.
Plusieurs projets d’adduction d’eau potable visant à garantir et sécuriser l’approvisionnement en eau ont été engagés pour y répondre aux mesures d’urgence.
Au-delà des actions immédiates, des projets structurants à long terme envisagés
Pour apporter une réponse durable aux difficultés d’approvisionnement en eau potable, le ministère chargé de l’Eau et de l’Assainissement a procédé, lundi 28 septembre 2026 sur le site du château d’eau de Kara Sud, au lancement officiel du Projet d’Alimentation en Eau Potable (AEP) de la ville de Kara et ses environs. Le projet financé à un coût global de 27 milliards de FCFA doit renforcer la production et la distribution d’eau au profit de plus de 200 000 habitants.
L’objectif du gouvernement est de d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable pour la ville de Kara et les localités environnantes, surtout en saison sèche, mobiliser de l’eau potable à partir des sources de Sara à Bafilo pour augmenter la production journalière (environ +10 000 m³/j). Le projet envisage également la construction de captages d’eau brute, de stations de pompage, de conduites, de réservoirs de stockage et extension du réseau de distribution (avec des branchements privés et des bornes fontaines).
Porté par la Société de Patrimoine Eau et Assainissement en Milieux Urbain et Semi-Urbain (SP-EAU), le financement du projet repose principalement sur la Banque Islamique de Développement (BID) à 15 milliards de FCFA, le Fonds Koweïtien pour le Développement Économique Arabe (FKDEA) a 12 milliards de FCFA et sur l’État togolais à hauteur de 1,48 milliard de FCFA.
Plus de 200 000 habitants directement concernés
Plus de 200 000 personnes devraient en bénéficier directement, avec une couverture de plus de 40 000 ménages supplémentaires dans les communes d’Assoli 1, Assoli 2, Kozah 1 et Kozah 3. Plusieurs localités sont concernées, notamment Bafilo, Kara, Bouladè, Djamdè, Awandjélo, Atchangbadè et Soumbou. L’accès à l’eau potable devrait toucher l’ensemble de la région de la Kara, qui compte plus d’un million d’habitants, au delà de la cible.
Les réseaux existants seront étendus afin d’améliorer la desserte des populations et d’accompagner l’augmentation des besoins en eau potable.
Vingt bornes-fontaines seront installées et plus de 1 400 kits de branchement seront acquis au profit de la Togolaise des Eaux (TdE S.A.), chargée de l’exploitation du service.
Sécuriser l’eau potable dans la région
À travers cet investissement, les autorités togolaises entendent renforcer les capacités du patrimoine hydraulique public et réduire les difficultés d’approvisionnement qui affectent certaines localités de la région, particulièrement en saison sèche.
Moulikatou S.