L’eau s’impose plus que jamais au cœur des priorités de développement de l’Afrique de l’Ouest. Du 21 au 23 septembre 2026, s’est tenue à Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, les travaux de la 13ᵉ Session ordinaire du Comité Technique des Experts (CTE) du Cadre Permanent de Coordination et de Suivi de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau en Afrique de l’Ouest (CPCS-GIRE/AO), ouvrant la 6ᵉ Session ordinaire du Comité Ministériel de Suivi (CMS).
Organisée par le Centre de Gestion des Ressources en Eau de la CEDEAO (CGRE-CEDEAO), la rencontre a réuni, les points focaux nationaux GIRE et assainissement des Etats membres de la CEDEAO, de l’UEMOA, du CILSS, les représentants des organismes de bassin, des institutions sous-régionales et régionales.
Les assises de la 13e session du CTE ont permis de faire le point sur l’état de mise en œuvre des activités depuis les dernières instances tenues à Abuja en juin 2024 et à statuer sur des dossiers relatifs à la réforme du cadre de gouvernance des ressources en eau, en tenant compte des évolutions géopolitiques récentes et des orientations de la Vision Africaine de l’Eau.
A l’issue de cette réunion, les ministres et partenaires financiers ont tracé les contours d’une gouvernance solidaire des fleuves et bassins partagés. L’or bleu est désormais au cœur de la stabilité géopolitique de la sous-région.
Qu’il s’agisse de sécurité alimentaire, de production d’énergie, de santé ou de résilience climatique, la gestion de l’eau ne peut plus se concevoir de manière isolée. C’est le message fort porté par le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’assainissement, Cheick Tidiane Dièye, président du Comité ministériel de suivi.
Lire aussi : Gestion des catastrophes climatiques: A Lomé les Etats du Sahel s’organisent à passer de la prévision à l’action
Le ministre sénégalais a fermement plaidé pour un changement de paradigme : « Il faut passer des engagements textuels aux résultats concrets sur le terrain ».
Rompre avec la gestion isolée des fleuves
Le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a réaffirmé son adhésion totale à une exploitation équitable et concertée des ressources. Les défis locaux reflètent les urgences régionales : pollution des nappes, dégradation accélérée des écosystèmes et pressions sécuritaires.
Pour inverser la tendance, les ministres ont convenu de lever les verrous sur plusieurs axes stratégiques, en prônant le partage systématique des données hydrologiques fiables entre États ; la prévention conjointe des risques d’inondation et de sécheresse et l’implication directe des populations locales dans l’élaboration des politiques publiques.
« Nos populations n’attendent pas seulement de nous des engagements. Elles attendent des résultats », a martelé le ministre ivoirien Jacques Assahoré Konan, insistant sur la responsabilité politique des dirigeants face à l’accès universel à l’assainissement.
Cap sur le sommet mondial d’Abou Dhabi
La session d’Abidjan a permis de transformer les recommandations techniques des experts, réunis le 21 septembre, en résolutions politiques fermes.

Cette cohésion ouest-africaine intervient à un moment charnière. La région prépare activement sa participation à la Conférence des Nations unies sur l’eau, qui se tiendra du 8 au 10 décembre 2026 à Abou Dhabi, un événement mondial coorganisé par le Sénégal et les Émirats arabes unis.
Les résolutions adoptées à Abidjan serviront de socle pour bâtir une position commune africaine, axée sur le financement des infrastructures hydrauliques majeures et l’innovation face aux dérèglements climatiques.
En rappel, ces deux rencontres statutaires, le CTE (21-22 septembre 2026) et le CMS (23 septembre 2026), ont eu lieu à la veille de la première édition du Forum Régional de l’Eau de l’Afrique de l’Ouest (FREAO), prévue les 24 et 25 septembre 2026 à Abidjan, sous le thème « Valorisons l’eau pour transformer l’Afrique de l’Ouest ».
Moulikatou S.