Les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient et s’aggravent sous l’effet du changement climatique. Pouvoir les anticiper avant qu’ils ne se produisent est donc crucial pour sauver des vies et protéger les économies. Fort du constat, les pays reconnaissent de plus en plus le rôle essentiel des services d’alerte précoce et d’informations climatiques dans leurs plans et stratégies climatiques nationaux. Ces systèmes font désormais partie des priorités fondamentales de nombreuses Contributions déterminées au niveau national (CDN), Plans nationaux d’adaptation (PNA) et cadres d’investissement dans la réduction des risques de catastrophe et l’action climatique.
Les services d’alerte précoce et d’informations climatiques : une priorité émergente
Renforcer la résilience face aux catastrophes et développer des alertes précoces fondées sur les impacts. Tel est l’objectif poursuivi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Centre Climatique Régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (CCR-AOS / AGRHYMET – CILSS) avec l’appui du Royaume de Suede en réunissant du 22 au 26 septembre 2026 à Lomé, représentants des gouvernements du Sahel, experts techniques partenaires internationaux. La rencontre vise à permettre aux experts régionaux de valider 120 ans de données sur les catastrophes et accélérer la transition vers des Systèmes d’Alerte Précoce Basés sur les Impacts (IBEWS).
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Après quatre années de travaux dans le cadre du Projet Résilience dans le Sahel, sept pays partenaires (le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad) ont établi des bases de données historiques d’une ampleur inédite: plus de 400 000 incidents couvrant 24 aléas sur une période de 120 ans y ont été enregistrés.
Ces données ont permis d’élaborer sept notes techniques nationales et une note technique régionale, dressant un état des lieux des impacts des catastrophes sur les populations, les moyens de subsistance, les infrastructures, l’économie et l’environnement. Les travaux de Lomé vise à valider scientifiquement ces travaux afin de consolider les données et de guider les politiques publiques et la planification de la résilience dans la région.
Face à la fréquence et à la gravité croissantes des événements climatiques extêmes, les prévisions météorologiques traditionnelles (orientées uniquement sur l’aléa) ne suffisent plus à évaluer les conséquences réelles sur les communautés. La transition vers des Systèmes d’Alerte Précoce Basés sur les Impacts (IBEWS) constitue donc une priorité stratégique pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest.

Cette approche intégrée transforme les prévisions météorologiques et climatiques en informations opérationnelles (scénarios, matrices d’impacts, seuils critiques) afin de permettre aux autorités et acteurs humanitaires de déclencher des actions anticipatoires ciblées avant l’imminence d’une catastrophe.
Mieux documenter les conséquences des catastrophes
Ouvrant les travaux au nom du Directeur général du Centre régional AGRHYMET, le Directeur des ressources humaines, Datcha Bouwassa, a rappelé l’importance de disposer des données fiables, structurées et accessibles pour améliorer la compréhension des risques et la prise de décision.
Les travaux de cinq jours déboucheront sur la validation formelle des sept notes techniques nationales et la note technique régionale ; L’élaboration d’une feuille de route régionale pour l’intégration des données d’impacts dans les systèmes d’alerte précoce. Les participants vont mener un atelier d’écriture scientifique (writeshop) destiné à formaliser et soumettre un article scientifique conjoint à partir des bases de données régionales.
Un engagement tourné vers l’action
À travers cette initiative conjointe, le PNUD, le CILSS et leurs partenaires réaffirment leur engagement à transformer la gestion des risques de catastrophes en Afrique de l’Ouest et au Sahel. En comblant le fossé entre la collecte de données scientifiques et la décision opérationnee, cette rencontre de Lomé pose les jalons de politiques publiques de développement plus durables, inclusives et adaptées aux réalités climatiques de la région.
Pour Olivier Abayisenga, représentant du Directeur régional a.i. du Hub sous-régional du PNUD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, disposer de données ne suffit pas. Il faut que ces données contribuent à éclairer les décisions et à réduire les risques.
De son côté, Soumana Djibo, point focal du Projet Résilience Sahel a rappelé l’enjeu : passer de la simple prévision des phénomènes à l’anticipation de leurs conséquences. Au-delà d’annoncer une forte pluie ou une sécheresse, les systèmes d’alerte devraient permettre d’estimer les populations, les superficies agricoles, les habitations, les routes ou encore les infrastructures susceptibles d’être affectées.
Moulikatou S.