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vendredi, novembre 6, 2026 23:29
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Les océans, longtemps perçus comme un régulateur silencieux du climat mondial, se retrouvent aujourd’hui au centre d’une controverse scientifique et politique d’envergure. Derrière les promesses de solutions technologiques innovantes, une inquiétude grandit : celle de voir les espaces marins transformés en terrains d’expérimentation à grande échelle, aux effets encore largement imprévisibles.

Cette alerte a été clairement exprimée lors de la conférence internationale Our Ocean, tenue récemment au Kenya, où plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé la montée en puissance des projets de géo-ingénierie marine. Ces initiatives, présentées comme des réponses au dérèglement climatique, soulèvent néanmoins de sérieuses interrogations quant à leur innocuité et à leur gouvernance.

Au cœur des débats figure notamment le captage et le stockage du dioxyde de carbone marin (mCDR), présenté par ses promoteurs comme un levier capable de réduire significativement la concentration de CO₂ dans l’atmosphère. Toutefois, pour de nombreuses ONG, cette technologie reste encore expérimentale et risque de détourner l’attention de l’urgence principale : la réduction drastique des émissions à la source.

L’inquiétude s’intensifie avec l’émergence de feuilles de route africaines consacrées à ces techniques, accompagnées de nouveaux financements orientés vers la modification des océans. Pour les organisations environnementales, ces orientations pourraient ouvrir la voie à une exploitation précipitée des milieux marins.

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Des voix s’élèvent, notamment celle d’Amos Nkpeebo (FIDEP, Ghana), qui appelle à une vigilance accrue face aux incertitudes scientifiques et aux enjeux d’équité. Il interroge : « Qui bénéficiera réellement de ces technologies ? » Tandis que Kwami Kpondzo, au Togo, avertit que « l’essor des marchés du carbone comporte des risques majeurs pour les écosystèmes et les communautés côtières ».

Face à ces enjeux, les ONG plaident pour un moratoire sur toute expérimentation à grande échelle. Elles rappellent que les océans ne doivent pas devenir un laboratoire à ciel ouvert, mais demeurer un patrimoine vital à protéger.

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