Ces dernières années, l’élection des femmes à la tête des hautes institutions de la CEDEAO connaît une accélération historique sans précédent, marquée par des nominations stratégiques récentes aux sommets des pouvoirs législatif et judiciaire régionaux. C’est pour pallier le déséquilibre de parité que la CEDEAO a intensifié ses réformes institutionnelles fixant un cap ambitieux de 50 % de représentation féminine dans les fonctions électives d’ici 2035. L’objectif est de briser définitivement les barrières politiques et juridiques qui freinent les femmes.
Un fait historique : Une femme à la tête de la cour de justice
À la tête de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de (CEDEAO), l’honorable juge libérienne Charlyne M. Brumskine a été élue le 13 octobre 2026 à Abuja au Nigéria. Elle succède au magistrat cap-verdien Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves.
Elle fait ainsi son entrée dans l’histoire en devenant la première femme libérienne à siéger comme juge au sein de cette haute juridiction régionale pour le mandat 2026-2030.
Vers une parité parfaite
Charlyne Brumskine dirige un collège où siègent également d’autres femmes d’exception, comme la juge Awa Bah de la Gambie et la juge Henrietta Uzoamaka Didigu du Nigeria.
Sélectionnée après un processus rigoureux et compétitif mené par le Conseil judiciaire de la CEDEAO, elle a prêté serment le 6 octobre 2026 à Abuja. Une semaine plus tard, ses pairs l’ont élue à la présidence de la Cour de justice. Elle exercera la présidence pour un mandat de deux ans (dans le cadre d’un mandat global non renouvelable de quatre ans en tant que juge, qui s’étendra jusqu’en 2030).

Sous sa direction, la Cour s’est engagée dans la mise en œuvre du plan stratégique « Justice 2030 », avec pour objectif principal de rendre cette institution internationale plus humaine, plus efficace et surtout plus accessible aux citoyens ordinaires de l’Afrique de l’Ouest.
Un brillant parcours académique
Issue d’une illustre famille de juristes, Charlyne Brumskine détient un Bachelor of Arts en sciences politiques de Barnard College (Université de Columbia) (1997) et un Juris Doctor (JD) de la Howard University School of Law à Washington, D.C. (2002). Elle a poursuivi un Master de droit (LLM) à King’s College London.
Lors de son admission au barreau de la Cour suprême du Liberia en 2022, elle a terminé major de sa promotion (Valedictorian) en obtenant la note la plus élevée du pays.
Une carrière juridique et universitaire de premier plan
Forte de plus de 23 ans d’expérience dans le domaine du droit, son parcours professionnel est jalonné de réalisations majeures. Elle a fondé et dirigé le cabinet CMB Law Group LLC à Monrovia.
Avant sa nomination à la CEDEAO, Charlyne Brumskine s’est illustrée sur la scène politique et sociale de son pays. En 2023, elle s’est présentée comme candidate à la vice-présidence du Liberia, formant un ticket d’opposition aux côtés d’Alexander B. Cummings Jr. pour la coalition Collaborating Political Parties (CPP).
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Également, la nouvelle présidente de la cour de justice est une fervente militante pour la participation politique des femmes et l’éducation des jeunes filles au Liberia. Elle préside notamment le pilier gouvernance de l’organisation African Women Leaders Network (AWLN) au Liberia.
L’état des lieux de la représentativité dans l’espace communautaire
Malgré ces avancées symboliques, les femmes restent largement sous-représentées dans les sphères de décision politique en Afrique de l’Ouest.
En rappel c’est la députée togolaise Hadja Mémounatou Ibrahima qui a écrit l’histoire le 23 mai 2024 en devenant la toute première femme élue présidente du Parlement de la CEDEAO. Elle est accompagnée dans ses missions par Damtien L. Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission de la CEDEAO.
Moulikatou S.