L’édition 2026 du rapport de septembre de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), intitulé « La Situation des forêts du monde (SOFO 2026) porte sur les moyens d’étendre la restauration des forêts et des paysages de sorte qu’elle bénéficie durablement aux populations et à la planète. Face à l’ampleur des terres dégradées, l’Organisation appelle à accélérer les efforts grâce à davantage d’investissements, une gouvernance inclusive et un engagement politique durable.
Le rapport est rendu public lundi 28 septembre 2026 dans le cadre de la 28e session du Comité des forêts de la FAO et de sa 10e Semaine mondiale des forêts.
Quatre leviers identifiés pour passer à l’échelle
L’édition 2026 s’appuie sur des données et des expériences recueillies dans le monde entier pour définir quatre axes stratégiques permettant d’accélérer les progrès: l’autonomisation des populations et le renforcement des droits; la mise en œuvre de la restauration à l’échelle du paysage; la mobilisation de financements et les modèles d’activité qui soutiennent la restauration; et la mise en place de politiques, d’institutions et de lois cohérentes.
« Il apparaît clairement dans La Situation des forêts du monde 2026 que la restauration des forêts et des paysages est plus qu’une priorité environnementale: c’est un investissement stratégique dans des systèmes agroalimentaires résilients et le développement rural », a indiqué le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, dans l’avant-propos du rapport.
« La marge de manœuvre se réduit, et une restauration tardive ou mal conçue augmente les coûts à long terme, aggrave les inégalités et risque d’enfermer les paysages dans des trajectoires non durables », a-t-il ajouté.
Les terres agricoles particulièrement touchées
Les terres agricoles représentent plus de 60 % des surfaces dégradées, avec 480 millions d’hectares de terres cultivées et 560 millions d’hectares de pâturages. Quelque 460 millions d’hectares de terres forestières sont également touchés, alors que les forêts jouent un rôle essentiel dans les moyens de subsistance de nombreuses populations.
« La marge de manœuvre pour agir se réduit, et toute restauration retardée ou mal conçue augmentera les coûts à long terme, aggravera les inégalités et risque d’enfermer les paysages dans des trajectoires non durables », avertit M. QU Dongyu.
Les efforts restent insuffisants selon la FAO
Le rapport estime également qu’un investissement de 2 600 milliards de dollars sur 15 ans dans la lutte contre la dégradation des terres et l’atténuation de la sécheresse pourrait générer un retour social de huit dollars pour chaque dollar investi. Dans des conditions favorables, la restauration pourrait même produire jusqu’à 30 dollars de rendement pour chaque dollar investi.
Transposer les solutions à plus grande échelle
Des progrès sont en cours, la restauration à grande échelle étant de plus en plus reconnue comme essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux de neutralité en matière de dégradation des terres, d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets, de conservation de la biodiversité et d’élimination de la faim.
D’après le rapport, les gouvernements de 91 pays et territoires se sont engagés à consacrer plus de 190 millions d’hectares à la restauration des forêts.
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À l’horizon 2030, la FAO appelle donc à accélérer la mise en œuvre, avec une approche centrée sur les populations, fondée sur les données scientifiques et soutenue par des politiques cohérentes.
L’enjeu, souligne l’organisation, est de faire de la restauration des paysages non seulement un outil de protection des écosystèmes, mais aussi un investissement dans des systèmes alimentaires plus résilients et des moyens de subsistance plus durables.
Moulikatou S.