La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies se tient du 22 au 28 septembre 2026, au siège de l’ONU à New York. Cecette rencontre de haut niveau réunit dirigeants, chefs de gouvernement et partenaires autour des grands enjeux internationaux, avec un accent particulier sur le renforcement de la coopération, les Objectifs de développement durable, la paix, la dignité et l’égalité.
Santé maternelle et infantile au cœur des enjeux de la souveraineté sanitaire
En marge des travaux de la 81e session, l’Union africaine a adopté le 23 septembre, un communiqué plaçant la santé maternelle et infantile au cœur des enjeux de souveraineté sanitaire. Portée par la Tanzanie et sa présidente Samia Suluhu Hassan (désignée championne de l’UA pour la santé maternelle et infantile) et l’Africa CDC, l’initiative marque un tournant majeur : passer des discours politiques à des engagements cliniques, logistiques et financiers concrets en Afrique.
État d’urgence sanitaire malgré les efforts, une préoccupation alarmante
l’Afrique enregistre aujourd’hui près de 70 % des décès maternels dans le monde, près des deux tiers (62 %) de l’ensemble des décès d’enfants de moins de cinq ans, près de la moitié des mortinaissances mondiales et plus de la moitié des enfants dits « zéro dose ».
Le taux actuel de réduction (2,4 % par an) mènerait l’Afrique à 330 décès pour 100 000 naissances en 2030, soit 5 fois plus que l’Objectif de développement durable (ODD) fixé par l’ONU (moins de 70 décès).
Entre 58 % et 96 % de ces décès sont pourtant évitables par des soins de santé primaires adéquats.
Selon une évaluation continentale menée par Africa CDC auprès des 55 États membres, le défi principal ne réside plus dans l’absence de solutions abordables et efficaces, mais dans « l’incapacité des systèmes de santé à les fournir de manière fiable, équitable et à grande échelle ». Cette situation est aggravée par l’insuffisance du financement national, la baisse de l’aide publique au développement et la fragmentation des financements, souligne-t-on.
La stratégie des « Trois Zéros » activée
Pour contrer cette crise, l’Union africaine promeut activement une feuille de route axée sur trois indicateurs de terrain incontournables notamment Zéro décès maternel et néonatal évitable; Zéro accouchement à domicile non assisté (garantir des transferts d’urgence efficaces) et Zéro enfant non vaccinés.
Les piliers de la Souveraineté Sanitaire Africaine
La déclaration s’appuie sur plusieurs axes : L’intégration des soins : Fusionner la lutte contre le VIH, la tuberculose et les pathologies maternelles au sein d’un même panier de la Couverture sanitaire universelle (CSU), plutôt que de dépendre de programmes de financement fragmentés. La souveraineté pharmaceutique : Encourager la production locale de médicaments essentiels (comme l’oxytocine et les vaccins pédiatriques) et utiliser le mécanisme d’achats groupés de l’Africa CDC pour faire baisser les coûts.
Le financement intérieur : Presser les gouvernements à respecter les accords d’Abuja, qui exigent d’allouer au moins 15 % des budgets nationaux à la santé.
Le renforcement du personnel : Mieux former et légitimer les sages-femmes, capables d’assurer jusqu’à 90 % des services de santé maternelle essentiels.
Des engagements majeurs
Les dirigeants africains ont à travers le communiqué, exhorté les institutions partenaires (OMS, UNFPA, UNICEF, Gavi, Fonds mondial, Fondation Gates, entre autres) à aligner leurs financements et leurs innovations sur les priorités nationales, à garantir des ressources prévisibles à long terme, et à soutenir le renforcement des capacités locales.
La coopération entre les États africains, l’Union africaine, les partenaires au développement, le secteur privé et les institutions scientifiques apparaît ainsi comme un levier essentiel pour renforcer durablement les capacités sanitaires et contribuer à façonner l’avenir de la santé mondiale.
Moulikatou S.